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Steve Evans - Flickr, CC BY-NC 2.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Drukpas forment le plus grand groupe ethnique du Bhoutan, un petit royaume niché dans les montagnes de l’Himalaya, entre l’Inde et le Tibet. Ils se concentrent surtout dans les vallées occidentales du pays, dans des districts comme Ha, Paro et Punakha. Le nom du peuple vient du dragon (druk) qui donne son nom au pays lui-même dans leur langue : ils appellent leur terre Druk Yul, la terre du dragon tonnerre.
Locuteurs du dzongkha, les Drukpas ont construit au fil des siècles une identité où foi, culture et nation se confondent. Pendant longtemps, l’isolement géographique du pays a préservé des traditions uniques, des festivals colorés jusqu’à une architecture marquée par des monastères et des forteresses qui façonnent encore aujourd’hui le paysage et le quotidien des communautés. Être drukpa porte ainsi un poids identitaire qui va bien au delà de l’ethnie : c’est appartenir à l’idée même de la nation bhoutanaise.
La tradition drukpa remonte à l'an 746, lorsque, selon la croyance locale, le maître bouddhiste Padmasambhava aurait traversé l'Himalaya sur un tigre pour apporter le bouddhisme dans la région. Depuis lors, cette foi s'est tellement entrelacée avec l'identité du peuple qu'être drukpa et être bouddhiste sont devenus, dans les faits, une seule et même chose.
Pendant des siècles, le Bhoutan est resté fermé au monde extérieur, ce qui a aidé à préserver intacte cette identité religieuse et culturelle. C'est dans cet isolement que les Drukpas ont consolidé leur langue, leurs coutumes et la relation étroite entre le pouvoir politique et les monastères, qui marque encore le pays.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Bhoutan Non atteint
|
89,8%
|
226.000 |
Inde Non atteint
|
5,2%
|
13.000 |
Australie Non atteint
|
4,8%
|
12.000 |
Danemark Non atteint
|
0,3%
|
700 |
La vie drukpa s’organise dans d’étroites vallées entre les montagnes, où l’agriculture en terrasses et l’élevage rythment les saisons. Les maisons traditionnelles, les costumes colorés portés les jours de fête et les monastères qui ponctuent le paysage font partie d’un quotidien où le sacré n’est jamais loin du domestique.
La structure familiale et communautaire s’organise autour des villages et des liens avec le monastère local, qui oriente aussi bien le calendrier des semailles que les rites de passage. L’hospitalité et le respect des hiérarchies religieuses et sociales sont des valeurs centrales de la vie quotidienne.
La foi prédominante est le bouddhisme tibétain, entrelacé avec des éléments de croyances prébouddhiques de nature chamanique qui subsistent dans des rituels populaires liés à la nature et aux esprits des lieux. Monastères, drapeaux de prière et pèlerinages font partie du paysage spirituel visible dans chaque vallée du pays.
Plus qu’un choix personnel, la foi bouddhiste est vue comme partie constitutive de l’être drukpa : chaque génération y est formellement introduite dès le jeune âge, par un serment de fidélité à Bouddha, et la religion fait office de lien entre la personne, la famille et l’idée même de nation. Remettre en question cette foi équivaut, pour beaucoup, à remettre en question l’identité bhoutanaise elle-même.
Le dzongkha, langue officielle du Bhoutan, dispose déjà des Écritures complètes, le Nouveau Testament ayant été publié quelques années avant la Bible entière. Pourtant, avoir le texte disponible est différent de le voir circuler : dans une société où la foi bouddhiste est entrelacée à l’identité nationale, peu de Drukpas en viennent à ouvrir ces pages ou à entendre quelqu’un les lire à voix haute.
Être drukpa, c’est dans les faits être bouddhiste : l’identité nationale du Bhoutan a été construite autour de cette foi, et chaque jeune prête un serment de fidélité à Bouddha vers l’âge de 15 ans. Abandonner cette tradition résonne comme abandonner sa propre nation et sa propre famille, et pas seulement changer de religion. L’isolement historique du pays et la distance entre les vallées rendent aussi difficile une circulation naturelle de l’évangile entre les communautés.
Le Bhoutan a progressé ces dernières décennies en matière de santé et d’éducation, mais de nombreuses familles drukpas des villages de montagne peinent encore à accéder aux services de base à cause du relief accidenté, avec des vallées isolées par des routes difficiles et des hivers rigoureux. Il manque aussi, et surtout, une communauté chrétienne locale plus large qui puisse marcher aux côtés des quelques croyants déjà présents, les discipulant et prenant soin d’eux dans un environnement où la foi est vue comme une affaire de famille et de nation, et où se déclarer chrétien peut coûter cher dans les liens les plus proches.
Il existe déjà des croyants drukpas au Bhoutan, un signe significatif dans un pays historiquement fermé à l’évangile. La Bible complète est disponible en dzongkha depuis quelques années, offrant aux quelques familles qui croient une base solide pour grandir dans la foi et la partager avec leurs proches et voisins, même au sein d’un environnement qui résiste encore à ce changement.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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