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Bruno Rijsman - Flickr, CC BY 2.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Dungans sont un peuple d’origine chinoise qui vit aujourd’hui dispersé en Asie centrale, principalement au Kazakhstan et au Kirghizistan. Ils s’identifient comme Hui, un nom qui porte la fierté d’un héritage musulman chinois préservé loin de la Chine, et entretiennent des liens culturels étroits avec les Hui restés dans leur pays d’origine.
C’est un peuple hospitalier, à l’identité nationale forte et au tempérament conservateur, qui a su tisser en une seule vie les fils de la culture chinoise, de la foi islamique et de la cohabitation avec les Russes et les peuples d’Asie centrale. Ce mélange se retrouve dans presque tout : la langue, la cuisine, les coutumes familiales et la façon de se relier aux voisins.
Dans les écoles dungans, il est courant de trouver de petits musées consacrés à la préservation des broderies, des costumes traditionnels et des bijoux en argent, signe de la manière dont ce peuple cultive consciemment sa propre mémoire. Au Kazakhstan, les Dungans se concentrent surtout dans la région de Jambyl, dans les districts de Korday et Jambyl.
L'histoire des Dungans naît d'une tragédie du XIXe siècle : entre 1862 et 1877, des révoltes des Hui contre l'Empire Qing, en Chine, furent écrasées avec une violence extrême, et des communautés entières furent décimées ou dispersées. Pour échapper à la persécution, des groupes de réfugiés hui traversèrent les monts Tian Shan durant l'hiver rigoureux de 1877 et 1878, une traversée dont on se souvient encore aujourd'hui comme l'acte fondateur du peuple.
Installés alors sur des territoires qui sont aujourd'hui le Kazakhstan, le Kirghizistan et l'Ouzbékistan, ces réfugiés furent appelés Dungans par les Russes et les peuples voisins, bien qu'eux-mêmes préféraient garder le nom Hui. Au fil de plus d'un siècle, ils ont coupé les liens directs avec la Chine, mais ont conservé la langue, la foi et une bonne partie des coutumes emportées dans leur fuite.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Kazakhstan Non atteint
|
49,3%
|
90.000 |
Kirghizstan Non atteint
|
44,4%
|
81.000 |
Mongolie Non atteint
|
3,6%
|
6.500 |
Russie Non atteint
|
1,6%
|
3.000 |
Ouzbékistan Non atteint
|
1,1%
|
2.000 |
La vie des Dungans allie le travail de la terre au soin du foyer et du jardin : ils sont reconnus comme des agriculteurs habiles, dévoués à la culture des légumes, et cultivent aussi les fleurs avec un véritable soin, un trait qui distingue leurs propriétés dans le paysage d’Asie centrale. L’hospitalité est une valeur centrale, et bien accueillir celui qui arrive à la maison fait partie de l’honneur de la famille.
L’identité dungan se maintient aussi par la transmission délibérée de la culture aux nouvelles générations : broderies, costumes traditionnels et bijoux en argent sont enseignés et préservés comme un patrimoine vivant, souvent au sein même des écoles de la communauté.
Les Dungans sont musulmans, un héritage qu’ils ont emporté avec eux depuis la Chine et qui a contribué à les maintenir unis comme un peuple distinct au milieu de majorités religieuses différentes en Asie centrale. La foi islamique est intimement liée à l’identité ethnique : être dungan, c’est, pour la grande majorité, être musulman. Ils suivent l’école juridique hanafite, l’une des branches les plus conservatrices de l’islam sunnite, ce qui renforce des pratiques religieuses rigoureuses et une forte résistance aux changements de foi.
Cette fusion entre religion et appartenance au groupe fait de la foi un élément de cohésion sociale aussi fort que la langue elle-même ou le souvenir de la traversée des montagnes, renforçant le sentiment de peuple distinct au sein des pays où ils vivent.
La langue dungan est une variété du chinois mandarin, mais écrite en alphabet cyrillique, un cas unique parmi les langues de cette famille dans le monde. Des passages de la Bible ont déjà été traduits en dungan, dont les quatre Évangiles et le livre des Actes, ainsi que des récits bibliques sous forme d’histoires sur des prophètes comme Moïse, Abraham, Joseph et David. Malgré cela, la portée de ces traductions parmi le peuple reste très limitée, et la majorité des Dungans n’a jamais eu de contact avec ce contenu.
Il n’existe, à notre connaissance, aucun disciple de Jésus parmi les Dungans, ce qui signifie que le premier contact avec l’Évangile doit nécessairement venir de l’extérieur du peuple. L’identification entre être dungan et être musulman fonctionne comme une barrière profonde : abandonner l’islam est perçu comme abandonner sa propre origine et sa communauté. À cela s’ajoute l’isolement géographique relatif des régions où ils vivent, ce qui rend rare tout rapprochement avec des chrétiens.
Les Dungans ont besoin, avant tout, de personnes disposées à traverser la distance culturelle et à construire une amitié authentique et durable avec le peuple, sans précipitation et avec sensibilité envers sa fierté et son histoire. Comme il n’existe pas de communauté chrétienne propre, il n’existe pas non plus de soutien, de discipulat ni d’exemple vivant de foi chrétienne au sein du groupe.
Il y a aussi le besoin concret que les Écritures déjà traduites en dungan parviennent réellement aux familles, et ne restent pas limitées à quelques exemplaires éloignés du quotidien du peuple.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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