Peuple non atteint Frontière
Les Khatris musulmans sont un peuple de tradition commerçante originaire du Pendjab, région aujourd’hui divisée entre l’Inde et le Pakistan. Leur nom vient du sanskrit « kshatriya », la caste guerrière de l’hindouisme, bien qu’au fil de l’histoire les Khatris se soient surtout consacrés au commerce et à l’administration, non aux armes.
Ils vivent majoritairement au Pakistan, où ils parlent le pendjabi occidental, et en moindre nombre en Inde, où ils parlent le gujarati. En dehors du Pendjab, ils sont peu connus, mais au sein de la région ils portent un prestige historique : ils furent des figures centrales du commerce en Asie centrale et, plus tard, occupèrent des rôles marquants dans l’administration durant la période coloniale britannique.
Curieusement, la même communauté khatri a donné naissance à des lignées musulmanes, sikhes et hindoues, signe que l’identité de caste, liée à la terre et au métier, a souvent traversé les frontières religieuses qui semblent aujourd’hui si bien définies.
Les origines des Khatris remontent au Pendjab préislamique, où la communauté s'est constituée comme caste commerçante, adoptant le nom sanskrit "kshatriya" bien que sa vocation historique fût le commerce, non la guerre. Au début du XIXe siècle, les Khatris monopolisaient presque les routes commerciales entre le Pendjab et l'Afghanistan, et plus tard, sous la domination britannique, ils devinrent des administrateurs civils de premier plan dans la région.
Avec l'arrivée de l'islam au Pendjab et, des siècles plus tard, avec la division du sous-continent indien en 1947, la communauté khatri s'est dispersée entre différentes nations et religions, les musulmans se concentrant au Pakistan et un nombre plus restreint demeurant en Inde.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Pakistan Non atteint
|
95,3%
|
1.068.000 |
Inde Non atteint
|
4,7%
|
53.000 |
Historiquement commerçants, les Khatris ont presque monopolisé le commerce au Pendjab et en Afghanistan au début du XIXe siècle, et sous la domination britannique ils occupèrent des postes de premier plan dans l’administration civile. Cette vocation pour les affaires et le service public reste vivante : de nombreuses familles travaillent aujourd’hui dans le commerce de tissus, l’optique, les moulins à farine et céréales, ainsi que comme tailleurs, peintres, enseignants et fonctionnaires.
Ils sont reconnus pour valoriser l’éducation et pour occuper des positions de classe moyenne dans leurs sociétés. Les mariages se font habituellement au sein de la communauté elle-même, et le divorce est traditionnellement rejeté par la communauté. L’alimentation varie entre familles végétariennes et non végétariennes, un reflet de la diversité des influences qui a traversé l’histoire de ce peuple.
La grande majorité des Khatris professe l’islam, et la foi est vécue avec sérieux : la fréquentation de la mosquée et le désir d’accomplir le pèlerinage à La Mecque font partie du quotidien religieux de la communauté. La pratique islamique est profondément liée à l’identité khatri, si bien qu’être khatri et être musulman se confondent presque en une seule et même chose.
Il est notable que la même racine de caste qui a donné naissance aux Khatris musulmans a aussi engendré des Khatris sikhs et hindous, révélant comment la foi, chez eux, s’organise souvent davantage autour de la lignée familiale et de la communauté d’origine que de frontières religieuses rigides.
Au Pakistan, où vit la majeure partie des Khatris musulmans, le Nouveau Testament existe déjà en pendjabi occidental, la langue prédominante de la communauté. En Inde, les Khatris qui parlent gujarati disposent de la Bible complète dans cette langue. Malgré tout, la distance entre le texte disponible et le cœur de la communauté reste grande : les Khatris entrent rarement en contact avec ces Écritures, et il n’y a pratiquement personne pour leur en expliquer le sens.
Être khatri, c’est porter une tradition de commerce et de leadership qui a façonné des siècles de vie au Pendjab, et cette même identité rend la conversion socialement très risquée : abandonner l’islam est perçu comme une rupture avec la famille, avec le nom et avec la place de premier plan que la communauté a conquise au fil des générations. La concentration au Pakistan, où la foi islamique est étroitement liée aux lois et aux coutumes locales, réduit encore davantage l’espace pour toute approche ouverte de l’évangile.
Comme toute communauté ayant traversé des déplacements, des divisions territoriales et de profonds bouleversements économiques, les Khatris musulmans ont des besoins liés à la préservation de leur identité et à l’accès à l’éducation et aux opportunités au sein de sociétés en transformation. Mais le plus grand manque est spirituel : la communauté manque de quelqu’un pour lui présenter les Écritures déjà disponibles dans sa propre langue, pour traduire ce texte en conversations simples du quotidien, et pour marcher aux côtés des quelques personnes qui s’approchent de la foi chrétienne, en leur offrant accueil et continuité dans ce cheminement.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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