Peuple non atteint Frontière
Les Maba, aussi appelés Mabangi, Wadai ou Bargo, sont le peuple dominant des montagnes du Ouaddaï, à l’est du Tchad, avec une présence également à l’ouest du Soudan. Héritiers d’un ancien sultanat qui a prospéré entre le XVIIe et le XIXe siècle, ils portent encore aujourd’hui la fierté de cette histoire et une identité fortement liée à l’islam.
Organisés en clans et sous clans qui administrent les terres de pâturage et les points d’eau, les Maba combinent la vie pastorale avec l’agriculture sur les terres arides de l’est tchadien. Leur langue, le maba (ou bura mabang), a longtemps été la langue d’État de l’empire du Ouaddaï, signe de l’influence que ce peuple a exercée dans la région.
Décrits comme un peuple conservateur, doté d’un fort sens de l’identité et réservé envers les étrangers, les Maba gardent vivace la mémoire de leur passé de puissance régionale, tout en vivant aujourd’hui, pour la plupart, de l’agriculture et du commerce local.
On sait peu de choses avec certitude sur les Maba avant le XVIIe siècle, lorsqu'ils ont conduit le renversement de la dynastie Tundjur et instauré un nouvel ordre islamique dans la région du Ouaddaï, à l'est du lac Tchad. Dès lors, ce peuple s'est retrouvé au centre d'un sultanat qui deviendrait l'une des grandes puissances de l'Afrique centrale.
Au XIXe siècle, sous des dirigeants comme Muhammad al Sharif et Doudmourah, le sultanat du Ouaddaï a atteint son apogée, contrôlant les routes caravanières et rivalisant avec les empires voisins, jusqu'à sa dissolution par la colonisation française en 1912. Cette trajectoire de pouvoir et d'autonomie continue de façonner la manière dont les Maba se perçoivent eux mêmes aujourd'hui.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Tchad Non atteint
|
95,2%
|
628.000 |
Soudan Non atteint
|
4,8%
|
32.000 |
Traditionnellement éleveurs et agriculteurs, les Maba organisent leur vie autour de sous clans, parmi lesquels se distinguent les Marfa, les Djéné et les Mandaba, chacun responsable de terres de pâturage et de points d’eau dans sa propre région. Cette structure clanique oriente aussi bien la résolution des conflits que les liens de solidarité et d’hospitalité qui soutiennent la vie communautaire.
Les terres du peuple maba, dans les montagnes du Ouaddaï, se trouvent au croisement d’anciennes routes caravanières qui reliaient le Sahel et l’Afrique de l’Ouest au Moyen Orient, ce qui, pendant des siècles, a rapproché ce peuple du commerce, de l’islam et d’autres cultures en transit dans la région.
Les Maba sont musulmans sunnites de l’école malékite depuis plus de trois siècles, et la plupart des maîtres religieux locaux suivent la confrérie soufie tijaniyya. Être musulman est, pour ce peuple, presque synonyme d’être maba : la foi islamique est si étroitement unie à l’identité ethnique et à la mémoire de l’ancien sultanat du Ouaddaï que les deux se confondent dans la vie quotidienne de chaque famille.
Aux côtés de l’observance islamique formelle, se pratiquent des coutumes et des croyances populaires transmises par les familles et les responsables religieux locaux, part d’une religiosité vécue dans le quotidien de la communauté, et non seulement dans les rituels formels de l’islam.
De la langue maba n’existent que des portions de la Bible traduites, il n’y a ni Nouveau Testament ni Bible complète dans la langue de ce peuple. Ceux qui vivent à la campagne ne parlent généralement que la langue maternelle, tandis que les habitants des villes maîtrisent aussi l’arabe tchadien, utilisé dans le commerce et les échanges avec les autres peuples de la région. Avec si peu des Écritures en maba, le contact de ce peuple avec le message chrétien dans sa propre langue reste très limité.
Être maba, c’est dans les faits être musulman : la foi islamique est entremêlée à la mémoire de l’ancien sultanat du Ouaddaï et à la fierté de clan, de sorte qu’abandonner l’islam est vu comme abandonner sa propre identité et sa famille. Les rares portions de la Bible déjà traduites dans la langue maba laissent encore l’essentiel du message chrétien hors de portée de ce peuple en des termes véritablement compréhensibles, et la réputation de ce peuple comme conservateur et réservé envers les étrangers rend rare tout contact initial avec un chrétien.
Installés dans l’une des régions les plus arides et isolées du Tchad, les Maba affrontent les difficultés communes à la vie au Sahel : dépendance des pluies pour les récoltes et les pâturages, éloignement des centres urbains et accès limité aux services de base de santé et d’éducation. À ces besoins matériels s’ajoute un manque encore plus grand : celui d’entendre et de lire, dans leur propre langue, le message complet de l’Évangile, aujourd’hui disponible seulement en petites portions parmi eux.
Il n’existe aucune communauté chrétienne locale ni aucune structure de discipulat destinée au peuple maba. Quiconque viendrait à croire en Jésus aurait besoin d’accompagnement et de soutien pour grandir dans la foi, dans un environnement où cette décision a un coût social élevé.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
Accéder au Calendrier de PrièreCréez votre compte pour adopter et recevoir des sujets de prière.