John Robert Walmsley Stott naquit le 27 avril 1921 à Londres, fils du médecin Sir Arnold Stott, agnostique, et d’Emily Lily Stott, d’origine luthérienne. Il fut l’un des pasteurs anglicans les plus influents du vingtième siècle, connu pendant des décennies comme recteur d’All Souls, à Langham Place, et comme l’un des principaux artisans du mouvement évangélique mondial.
Il se convertit en 1938, alors qu’il était encore étudiant au collège de Rugby, après avoir entendu une prédication de l’évangéliste anglican Eric Nash. Il décrira plus tard ce simple pas de foi comme ce qui changea toute la direction et la qualité de sa vie. Il étudia le français et la théologie au Trinity College, à Cambridge, puis se forma à Ridley Hall, collège théologique rattaché à la même université.
Il fut ordonné diacre en 1945 et prêtre en 1946. Il servit comme vicaire d’All Souls, Langham Place, entre 1945 et 1950, puis devint recteur de l’église en 1950, poste qu’il occupa jusqu’en 1975, avant de rester recteur émérite. Il ne se maria jamais : il consacra sa vie au ministère et à l’écriture dans un célibat volontaire.
Comme prédicateur et écrivain, Stott contribua à façonner l’évangélisme de l’après-guerre au sein de la Communion anglicane. En 1966, il exprima publiquement son désaccord avec le prédicateur gallois Martyn Lloyd-Jones, qui défendait la sortie des évangéliques des dénominations historiques jugées doctrinalement mixtes. Stott plaida pour le maintien au sein de l’Église établie, position qui prévalut auprès d’une bonne partie de l’évangélisme britannique.
Sa vision de la mission évolua également au fil de sa vie. Au Congrès mondial d’évangélisation de Berlin, en 1966, il défendait que la mission de l’Église était essentiellement la prédication, sans inclure de manière centrale l’action sociale. En 1974, lors du Congrès de Lausanne, il changea de position : comme principal rédacteur du Pacte de Lausanne, il contribua à inscrire dans le document l’affirmation que l’évangélisation et l’engagement sociopolitique font tous deux partie du devoir chrétien, influencé surtout par des responsables latino-américains comme René Padilla et Samuel Escobar.
En 1969, il créa le Langham Trust, consacrant les droits d’auteur de ses livres à des bourses de doctorat pour des pasteurs de pays majoritairement non occidentaux. En 1971, il fonda également l’Evangelical Literature Trust, pour financer des livres théologiques dans des bibliothèques et des séminaires hors du monde occidental. Les deux entités fusionnèrent en 2001 au sein de la Langham Partnership, aujourd’hui présente dans des dizaines de pays.
Il écrivit plus de soixante-dix livres au cours de sa vie. Basic Christianity, paru en 1958, s’est vendu à des millions d’exemplaires et a été traduit dans des dizaines de langues. The Cross of Christ, de 1986, considéré comme son œuvre la plus importante, est devenu une référence évangélique sur la doctrine de l’expiation. Son dernier livre, The Radical Disciple, parut en 2010, un an avant sa mort.
Stott adopta aussi des positions qui suscitèrent la controverse au sein même du milieu évangélique. En 1988, dans le livre Essentials, écrit en dialogue avec le théologien libéral David Edwards, il admit envisager avec prudence l’annihilationnisme, l’idée selon laquelle les impies seraient détruits et ne subiraient pas un tourment conscient éternel, comme une possibilité biblique légitime, sans affirmer la tenir pour certaine. Cette position divisa les responsables évangéliques et fut même soumise, sans succès, au vote comme motif pour l’exclure d’une rencontre évangélique nord-américaine. Stott défendit aussi publiquement une lecture opposée au sionisme chrétien, affirmant que l’Église, et non le peuple juif en tant que tel, serait aujourd’hui le véritable Israël, position tout aussi débattue et critiquée par d’autres évangéliques.
Il fut chapelain de la reine Élisabeth II de 1959 à 1991 et reçut le titre de Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 2006. En 2005, le magazine Time l’inclut dans la liste des cent personnes les plus influentes du monde. Il annonça son retrait du ministère public en avril 2007, à quatre-vingt-six ans, et s’installa au College of St Barnabas, à Lingfield, dans le Surrey, résidence pour clercs anglicans retraités.
Il mourut le 27 juillet 2011, à Lingfield, entouré de sa famille et de ses amis, en écoutant des passages de la Bible et le Messie de Haendel. Il laissa en héritage la Langham Partnership, qui aujourd’hui encore forme des pasteurs et des théologiens et distribue de la littérature chrétienne dans des pays à faibles revenus, ainsi que le Pacte de Lausanne, qui continue d’orienter des congrès et des stratégies de mission évangélique à travers le monde.