Peu d’étudiants de séminaire évangélique échappent à l’ouverture d’un des volumes de Christian Theology. Derrière ce traité de plus de mille pages se trouve un pasteur baptiste de l’intérieur des États-Unis qui a passé sa vie à expliquer, avec clarté et équilibre, ce que l’Église chrétienne a toujours confessé.
Millard Erickson est né le 24 juin 1932, dans le comté d’Isanti, dans l’État du Minnesota. Il étudie à l’Université du Minnesota, obtient son baccalauréat en théologie (divinity) au Northern Baptist Theological Seminary et sa maîtrise à l’Université de Chicago, avant d’achever son doctorat à la Northwestern University en 1963.
Avant sa carrière universitaire, il fut pasteur de deux églises baptistes, à Chicago puis à Robbinsdale, dans le Minnesota, pendant près d’une décennie. Cette expérience pastorale a marqué sa façon d’écrire la théologie : soucieux de relier la doctrine à la vie de l’Église, et non seulement au débat de salle de classe.
Il enseigne à Wheaton College à partir de 1964 et, cinq ans plus tard, rejoint le Bethel Theological Seminary, à St. Paul, où il devient doyen et vice-président exécutif. C’est là qu’il rédige, tout au long des années 1980, les trois volumes de Christian Theology, publiés entre 1983 et 1985.
L’ouvrage devient l’un des traités de théologie systématique les plus utilisés dans les séminaires évangéliques, révisé par l’auteur en deux nouvelles éditions, la dernière en 2013, et traduit en portugais sous le titre Teologia Sistemática, par les éditions Vida Nova. Après Bethel, il enseigne au Southwestern Baptist Theological Seminary, au Western Seminary et, depuis 1996, au Truett Seminary de l’Université Baylor.
Tous ne sont pas d’accord avec ses conclusions. Des théologiens plus traditionalistes l’ont critiqué pour avoir rejeté la subordination éternelle du Fils, position liée à sa défense de l’égalité des rôles entre hommes et femmes dans le ministère, et des critiques du camp créationniste ont signalé que sa discussion sur les origines du monde n’avait pas suivi, dans les éditions récentes, la bibliographie scientifique la plus actuelle.
Erickson ne s’est jamais présenté comme un innovateur, mais comme un professeur : sa marque a été d’exposer avec justice les positions concurrentes avant de défendre la sienne, méthode aujourd’hui rare dans les débats polarisés. Cette discipline a formé des générations de pasteurs et de professeurs de théologie dans les séminaires évangéliques du monde entier.
Des manuels comme le sien continuent de soutenir la formation théologique dans les séminaires de mission, dans des contextes de faible accès à l’Évangile, où une doctrine claire aide les jeunes églises à résister aux pressions locales. À 94 ans, Erickson continue d’être lu comme une référence d’équilibre à une époque de polarisation théologique.