Il naquit le 24 juillet 1874 à Aberdeen, en Écosse, fils du pasteur baptiste Clarence Chambers. La famille déménagea alors qu’il était encore enfant, passant par Stoke-on-Trent puis par Perth, en Écosse, avant de s’établir à Londres en 1889.
Il étudia les beaux-arts à Londres, au Royal College of Art, puis entra à l’université d’Édimbourg, où il suivait des études de beaux-arts et d’archéologie. C’est là qu’il ressentit l’appel au ministère et qu’il abandonna ses études profanes pour enseigner au Dunoon College, en Écosse, à partir de 1897.
Les premières années à Dunoon furent marquées par une profonde crise spirituelle. Chambers raconta plus tard avoir vécu quatre années d’intense souffrance intérieure, luttant contre l’orgueil et un sentiment accablant de son propre péché, au point de dire que seules la grâce de Dieu et la bonté de ses amis l’avaient préservé de l’effondrement. Le tournant survint en 1901, lorsqu’il trouva dans Luc 11:13 la certitude que le Père accorde le Saint-Esprit à qui le lui demande, une expérience qu’il décrivit comme une émancipation radieuse et indescriptible.
Entre 1906 et 1910, il mena un ministère itinérant d’enseignement biblique à travers le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon. En 1908, lors d’une traversée en bateau vers l’Amérique, il se rapprocha de Gertrude Hobbs, surnommée Biddy, qu’il épousa le 24 mai 1910.
En 1911, il fonda et dirigea le Bible Training College, à Clapham, à Londres, où il forma des ouvriers de différentes traditions chrétiennes. Biddy devint intendante du collège et, au cours des années suivantes, consigna en sténographie presque tout ce que son mari enseignait, une habitude qui se révélerait décisive après sa mort. Le couple eut une fille, Kathleen.
La Première Guerre mondiale entraîna la fermeture du collège en 1915. En octobre de cette année-là, Chambers partit pour l’Égypte comme aumônier du YMCA, au service des soldats australiens et néo-zélandais cantonnés à Zeitoun, près du Caire. Biddy et Kathleen le rejoignirent en décembre.
En octobre 1917, Chambers fut atteint d’une appendicite, mais il retarda son admission à l’hôpital, craignant d’occuper un lit qui pourrait être nécessaire aux soldats blessés lors de la bataille de Gaza, alors imminente. Ce n’est que le 29 octobre qu’il subit une opération d’urgence. Des complications pulmonaires survinrent ensuite, et il mourut le 15 novembre 1917, à l’âge de 43 ans, à Zeitoun. Il fut enterré au Caire avec les honneurs militaires.
Après la mort de son mari, Biddy consacra le reste de sa vie à organiser et à publier ce qu’elle avait consigné en sténographie, une trentaine de livres au total. Le plus connu, My Utmost for His Highest (publié en français sous le titre Tout pour qu’Il règne), réunit 365 méditations quotidiennes et fut publié au Royaume-Uni en 1927. Il devint l’un des recueils de dévotion les plus lus de l’histoire du christianisme, et les biographes reconnaissent que sa diffusion doit autant à l’enseignement de Chambers qu’au travail éditorial discret de son épouse.