Marwan Mohamad - Wikimedia, CC BY-SA 4.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Banjars sont un peuple du sud de l’île de Kalimantan, en Indonésie, formé au fil des siècles par la fusion entre les communautés dayak autochtones, des migrants malais et javanais. Leur nom vient de Banjarmasin, ancien établissement au bord d’une rivière devenu capitale d’un sultanat, puis centre culturel de tout le peuple.
Reconnus pour leur héritage fluvial et commerçant, les Banjars ont développé une identité propre au sein du monde malais, avec un dialecte, une cuisine, des textiles et des arts de la scène qui les distinguent de leurs voisins dayak et javanais. À partir du XIXe siècle, une partie du peuple a migré vers la péninsule Malaise et d’autres régions, emportant cette identité au-delà de Kalimantan.
Aujourd’hui, les Banjars vivent majoritairement dans le sud de Kalimantan, avec des communautés également en Malaisie, où beaucoup s’identifient comme faisant partie du peuple malais. Ils demeurent l’un des grands peuples d’Indonésie encore peu atteints par l’Évangile.
Les origines des Banjars remontent aux royaumes hindou-bouddhistes du sud de Kalimantan, comme Negara Dipa et son successeur Negara Daha, fondés par des communautés locales sur les rives des fleuves de la région. Au XVIe siècle, le prince Samudera se convertit à l'islam avec le soutien du sultanat javanais de Demak et fonda le sultanat de Banjar, avec pour capitale l'actuelle Banjarmasin, scellant le tournant religieux qui définirait l'identité du peuple jusqu'à aujourd'hui.
Des siècles plus tard, le retour d'un érudit religieux formé à La Mecque contribua à consolider et systématiser la pratique de l'islam sunnite parmi les Banjars. À partir du XIXe siècle, des accords de travail durant la période coloniale poussèrent une partie du peuple à migrer vers la péninsule Malaise, où leurs descendants vivent aujourd'hui intégrés à la communauté malaise.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Indonésie Non atteint
|
99,9%
|
4.082.000 |
Malaisie Non atteint
|
0,1%
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5.200 |
Traditionnellement organisés le long des rivières qui traversent le sud de Kalimantan, les Banjars se répartissent en trois groupes régionaux : ceux des hautes terres proches des montagnes Meratus, ceux de la vallée des rivières Martapura et Barito, et ceux de la vallée de la rivière Negara. Cette géographie fluviale a façonné des siècles de commerce, de pêche et d’agriculture, et aujourd’hui encore de nombreuses familles vivent de la terre et de l’eau qui ont fait vivre leurs ancêtres.
La culture banjar s’exprime dans des tissus comme le sasirangan, teint à la main selon des motifs traditionnels, et dans des plats comme le soto banjar, servi lors des occasions familiales et festives. Le mariage réunit plusieurs étapes rituelles, dont le batimung, un bain de vapeur purificateur qui précède l’union, signe que chaque étape de la vie communautaire porte un sens transmis de génération en génération.
Les Banjars sont aujourd’hui presque entièrement musulmans sunnites de l’école chaféite, héritage direct de la conversion du sultanat de Banjar au XVIe siècle et de sa systématisation religieuse ultérieure. La foi islamique est si étroitement mêlée à l’identité du peuple que des valeurs traditionnelles banjares, comme la confiance en Dieu et l’engagement à faire du bien aux autres, s’expriment aujourd’hui en termes religieux islamiques.
Les rites de passage tels que la nomination des nouveau-nés, la circoncision et le mariage suivent des formes islamiques, tout en préservant des éléments culturels propres aux Banjars, comme les cérémonies de purification précédant les noces. De petites minorités suivent d’autres traditions, mais la vie religieuse et sociale du peuple gravite presque entièrement autour de l’islam.
La Bible n’existe pas encore en entier en banjar : seules quelques portions ont été traduites à ce jour, laissant la majeure partie des Écritures hors de portée dans la langue parlée à la maison et au marché. Ceux qui recherchent le texte complet dépendent de l’indonésien ou du malais, langues secondes pour une bonne partie du peuple. En Malaisie en revanche, où les Banjars descendants de migrants s’identifient comme malais, la Bible complète en malais est disponible, même si elle est peu recherchée par un peuple majoritairement musulman.
Chez les Banjars, l’identité ethnique est profondément liée à l’islam sunnite : naître banjar, c’est naître musulman, et cette fusion fait de toute approche de l’Évangile un risque pour l’appartenance familiale et sociale. L’héritage du sultanat de Banjar, qui a consolidé la foi islamique comme marque du peuple il y a des siècles, renforce ce lien encore aujourd’hui. La dispersion en petites communautés le long des rivières et l’éloignement des églises locales rendent rare le contact direct avec des chrétiens, et l’Écriture dans la langue du cœur reste rare.
Peuple dispersé entre communautés riveraines et une diaspora qui se fond dans l’identité malaise, les Banjars manquent surtout d’accès à la Parole dans leur propre langue et de contact avec des communautés chrétiennes capables de marcher à leurs côtés. L’absence d’églises locales et de matériel biblique complet en banjar laisse un vide concret pour qui souhaiterait un jour connaître la foi chrétienne.
Il y a aussi un besoin de traducteurs et de moyens pour porter les Écritures aux familles qui vivent le long des rivières de Kalimantan, souvent éloignées des centres urbains où le message chrétien a une certaine présence.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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