Peuple non atteint Frontière
Les Barias forment une communauté agraire enracinée surtout dans l’État du Gujarat, à l’ouest de l’Inde, avec des familles également disséminées dans d’autres États indiens et un petit nombre au Pakistan, dans la région du Sind. Ils parlent le gujarati et organisent leur vie autour de la terre, qu’ils cultivent depuis des générations comme métier central et source d’identité, étant traditionnellement une communauté de propriétaires ruraux.
La vie communautaire s’organise autour de la famille élargie et d’un conseil de caste qui régule les coutumes, les héritages et les conflits internes, faisant office de principale instance d’autorité sociale. Les occasions importantes réunissent la communauté autour de la dévotion aux divinités du propre clan, aux côtés du calendrier plus large des fêtes hindoues qui rythme l’année dans toute la région de l’Inde occidentale.
Les Barias descendent de la grande famille des Colis, historiquement liés à la région de Devgadh Baria, à l'est du Gujarat, dont le nom même garde la mémoire du clan. Pendant des générations, de nombreux Colis Barias ont été réputés navigateurs dans les eaux côtières du Gujarat, avec des bases sur des îles et des ports de la région, jusqu'à être écartés de ce rôle et s'affirmer comme communauté essentiellement agricole et propriétaire de grandes terres, métier qu'ils conservent encore aujourd'hui. Au fil du temps, une partie des familles barias a aussi cherché à se rapprocher de traditions jouissant d'un plus grand prestige social dans la région, sans abandonner pour autant les coutumes propres de caste et de clan qui organisent encore la vie communautaire.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Inde Non atteint
|
98,1%
|
272.000 |
Pakistan Non atteint
|
1,9%
|
5.200 |
L’agriculture est l’axe de la vie baria depuis des générations, et elle le demeure aujourd’hui : les familles travaillent la terre qui se transmet de père en fils, avec une particularité qui attire l’attention, la maison familiale ne revient pas à l’aîné mais au plus jeune fils, tandis que les propriétés sont partagées à égalité entre les frères. Un conseil de caste suit de près la vie communautaire, arbitrant les différends et maintenant les coutumes.
Les femmes se partagent entre le travail des champs et des forêts et des journées comme ouvrières sur des chantiers de routes, un apport important au revenu familial. Un bracelet doré au bras et un petit ornement de paillette sur le front marquent publiquement qu’une femme est mariée, des signes discrets qui portent une signification sociale bien plus grande qu’il n’y paraît.
Les Barias sont hindous, et leur foi combine le culte de divinités propres au clan, vénérées lors des occasions marquantes de la vie familiale, avec des pèlerinages vers des sanctuaires et des temples dédiés aux grands dieux et déesses de l’hindouisme. Les deux strates de dévotion coexistent sans conflit : la protection du clan et l’ordre cosmique plus vaste font partie du même monde religieux, chacune prenant en charge une dimension de la vie familiale.
Le calendrier religieux baria suit les grandes fêtes hindoues, comme Janmashtami, Holi, Dhuleti, Raksha Bandhan, Diwasa, Dussehra et Diwali, des moments qui réaffirment aussi bien la foi que les liens familiaux et communautaires tout au long de l’année.
Les Barias parlent le gujarati, l’une des grandes langues de l’Inde, avec la Bible complète disponible depuis plus d’un siècle et largement publiée sous forme de livres, d’applications et de plateformes numériques. L’Écriture n’est donc pas l’obstacle : le problème est que pratiquement aucun Baria ne l’a jamais ouverte ni entendu son contenu présenté comme quelque chose de pertinent pour sa propre vie. La distance n’est pas celle de la traduction, mais celle de quelqu’un qui s’approche et lit ces pages à leurs côtés.
Être baria, c’est être intégré à un réseau de caste, de terre et de culte aux dieux du clan qui donne son sens à tout dans la vie de la communauté : mariage, héritage, fêtes et résolution des conflits. Abandonner les dieux de la famille et des ancêtres résonne, pour la plupart, comme abandonner la famille elle-même et la place qu’elle occupe dans la société agraire du Gujarat. À cela s’ajoute l’absence quasi totale de tout témoignage chrétien vivant parmi eux : sans église locale, sans personne de leur propre communauté ayant déjà suivi Jésus, il manque même un premier point de contact avec l’Évangile.
Comme dans tant de communautés agraires, la vie baria dépend de la terre et des pluies, et les familles qui travaillent comme journalières sur des chantiers publics ressentent de près toute fluctuation de revenu, ce qui fait de la subsistance quotidienne une préoccupation constante pour de nombreux foyers. Mais le manque le plus profond est spirituel : il n’existe, à ce que l’on sache, aucune communauté de disciples de Jésus parmi les Barias, ni personne pour leur présenter, dans leur propre langue et culture, le Dieu créateur qu’ils cherchent encore à travers le culte des divinités du clan et la dévotion aux dieux de l’hindouisme.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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