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Lofy40 - Wikimedia, CC BY-SA 4.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Berbères chaouis, aussi appelés Chaouis, forment le deuxième plus grand peuple de langue berbère du Tell atlasique et habitent les montagnes escarpées de l’Aurès, dans le nord-est de l’Algérie. Ils se désignent eux-mêmes comme Išawiyen et parlent le tachaouit, langue de la famille berbère qui porte leur identité et leur mémoire collective à travers les générations.
Ils vivent depuis toujours entre le plateau agricole et la frange désertique, ce qui a façonné un peuple habitué à se déplacer entre deux mondes : celui des cultures céréalières et celui des échanges avec les oasis. Ils entretiennent des liens étroits avec d’autres groupes berbères, notamment les Kabyles, voisins qui parlent un dialecte apparenté, mais conservent peu de liens avec la population arabe urbaine de l’Algérie.
Ils forment un peuple à l’identité forte, attaché à la terre de l’Aurès et à une langue qui a résisté à des siècles de changements alentour.
Les montagnes de l'Aurès ont servi pendant des siècles de refuge aux Berbères, servant de base de résistance face aux Romains, aux Vandales, aux Byzantins et, plus tard, aux armées arabes qui apportèrent l'islam en Afrique du Nord. C'est cet isolement géographique qui a permis à l'identité et à la langue chaouies de survivre presque intactes jusqu'à aujourd'hui.
Des généalogistes arabes anciens, comme Ibn Khaldoun, ont recensé plusieurs clans chaouis, parmi lesquels les Ifren, les Maghraoua, les Djeraoua et les Houara, tous remontant à un patriarche ancêtre commun dans la tradition berbère. Après l'indépendance de l'Algérie, le peuple est resté concentré principalement dans la région de l'Aurès, où il continue de vivre aujourd'hui.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Algérie Non atteint
|
89%
|
2.489.000 |
France Non atteint
|
7,1%
|
199.000 |
Belgique Non atteint
|
1,5%
|
42.000 |
Italie Non atteint
|
1,4%
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39.000 |
Maroc Non atteint
|
1%
|
27.000 |
Dans la partie haute du territoire, les Chaouis cultivent des céréales sur les versants du plateau ; sur la frange désertique, ils pratiquent l’horticulture et l’élevage près des oasis, migrant entre ces deux paysages selon la saison. Cette alternance entre montagne et désert est au cœur de leur mode de vie.
La vie sociale s’organise autour du clan, et l’hospitalité occupe une place de choix dans les coutumes locales. Lors des fêtes de mariage, ils dansent la rahaba, tradition propre à l’Aurès, et célèbrent la fantasia, une démonstration équestre qui réunit la communauté autour des chevaux, de la musique et des ornements traditionnels. L’artisanat des bijoux, des tissus et du pain marque aussi le quotidien des familles.
Les Chaouis sont musulmans sunnites presque dans leur totalité, et la foi islamique est profondément liée à l’identité berbère et à la vie du clan. Être chaoui, dans la pratique quotidienne, c’est aussi être musulman.
Cependant, le contact de ce peuple avec les pratiques islamiques savantes et textuelles courantes au Moyen-Orient est limité : prédomine un vécu plus populaire et local de l’islam, façonné par les traditions propres à l’Aurès et transmis de génération en génération davantage par la pratique que par le texte sacré. Historiquement, ce vécu incluait la vénération de marabouts, hommes considérés comme saints, et des pèlerinages vers des zaouïas, petits sanctuaires liés à ces figures, où les familles venaient chercher bénédiction et intercession. Ce trait, commun à plusieurs peuples berbères d’Afrique du Nord, perd du terrain depuis quelques décennies face aux politiques de l’État et à des courants islamiques plus orthodoxes.
En tachaouit, la langue du cœur des Chaouis, il n’y a jamais eu de traduction complète du Nouveau Testament. Il existe seulement des portions : les Psaumes en version imprimée, le livre de Jonas en enregistrement audio dramatisé et le film Jésus doublé dans la langue, ainsi que des productions sur des passages de la Genèse. Ce sont des fragments importants, mais encore loin de mettre toute l’Écriture à la portée du peuple dans sa propre langue.
Chez les Chaouis, appartenir au peuple et professer l’islam vont de pair, si bien qu’embrasser une autre foi est vécu comme une rupture avec le clan et avec l’identité elle-même. L’isolement des montagnes de l’Aurès, qui a protégé ce peuple des envahisseurs pendant des siècles, rend aujourd’hui aussi difficile l’accès à tout témoignage chrétien. À cela s’ajoute la quasi-absence d’une Écriture complète en tachaouit, ce qui laisse peu de portes ouvertes pour que l’Évangile soit entendu dans la langue du cœur.
Comme beaucoup de peuples berbères d’Afrique du Nord, les Chaouis font face au défi de préserver leur langue et leur culture face à la pression d’assimilation alentour. Il y a un besoin de davantage de ressources pour renforcer l’identité et l’éducation dans les communautés de la région de l’Aurès.
Sur le plan spirituel, le peuple chaoui manque d’accès à la Parole de Dieu dans sa propre langue, au-delà des rares portions aujourd’hui disponibles, et manque aussi de la présence d’une communauté chrétienne locale capable d’accompagner, dans la langue et la culture du peuple, ceux qui viendraient à connaître Jésus.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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