Muffizainu - Wikimedia, CC BY-SA 4.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Bohras forment une communauté musulmane d’origine indienne, concentrée surtout dans l’État du Gujarat, dans l’ouest de l’Inde, avec des familles également présentes au Pakistan et dans d’autres pays où elles ont émigré à la recherche d’opportunités commerciales. Le nom même du peuple vient d’un mot gujarati lié au commerce, reflet d’une identité profondément marquée par la tradition marchande.
Locuteurs du gujarati, les Bohras maintiennent une organisation religieuse centralisée et une vie communautaire soudée, dans laquelle foi, affaires et parenté s’entrelacent. Ils vivent, pour la plupart, dans des villes et des villages où ils bâtissent leurs propres quartiers et institutions, préservant des coutumes distinctes au sein de la vaste mosaïque religieuse et ethnique du sous-continent indien.
C’est un peuple urbain, organisé et doté d’une forte identité collective, dont l’histoire est celle d’une communauté qui a traversé les siècles en gardant sa foi et ses coutumes avec une remarquable cohésion interne.
Les racines des Bohras remontent au XIe siècle, lorsque des missionnaires musulmans chiites arrivèrent au port de Cambay, au Gujarat, venus d'Égypte via le Yémen, apportant avec eux les enseignements ismaéliens de l'époque fatimide. La communauté grandit au fil des siècles suivants et, après des divisions dans la direction religieuse survenues encore au Yémen, le centre de la foi se transféra définitivement en Inde au XVIe siècle.
Un conflit de succession dans la direction, à la fin du XVIe siècle, divisa les Bohras en branches distinctes, dont la plus importante demeure aujourd'hui encore sous la conduite d'un chef spirituel révéré comme gardien de la foi. De cette histoire de migration, de scission et de permanence est né un peuple profondément marqué par la loyauté envers sa lignée religieuse.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Inde Non atteint
|
99,6%
|
1.165.000 |
Pakistan Non atteint
|
0,4%
|
4.900 |
Les Bohras sont reconnus, depuis des siècles, pour leur vocation commerciale : des familles entières se consacrent aux affaires locales et internationales, et cette tradition marchande façonne l’identité du groupe autant que la foi. La vie communautaire se caractérise par une forte cohésion sociale, avec des liens de parenté et de voisinage qui traversent les générations et les frontières.
Une coutume qui exprime bien cette union est le repas communautaire : les familles s’assoient autour d’un grand plat collectif, le thal, partageant chaque plat du début à la fin en signe d’égalité et de solidarité. Le pèlerinage à La Mecque et la visite des lieux saints liés à l’histoire de l’islam complètent le calendrier religieux de la communauté.
Les Bohras suivent un courant de l’islam chiite ismaélien, avec une forte révérence envers les imams descendants de Fatima, fille du prophète Mahomet. La foi s’exprime dans la pratique des piliers islamiques, comme la prière quotidienne, le jeûne pendant le mois du Ramadan et le pèlerinage à La Mecque.
Un trait distinctif est l’obéissance à un chef religieux suprême, considéré comme le représentant de l’imam caché, qui interprète et préserve les enseignements de la communauté et dont l’orientation est recherchée non seulement pour les questions de foi, mais aussi pour les décisions quotidiennes de la vie familiale et commerciale. Cette structure d’autorité, transmise de génération en génération depuis des siècles, confère à la communauté une grande cohésion doctrinale et sociale.
Le gujarati, langue principale des Bohras, possède une Bible complète depuis des générations, fruit de traductions qui remontent au XIXe siècle. Pourtant, cette Écriture a été produite et circule surtout parmi d’autres communautés de la région, non parmi les Bohras, dont la vie s’organise autour du Coran et des enseignements transmis par la direction religieuse. Pour la plupart des familles, la Bible dans leur propre langue demeure un livre inconnu, jamais lu ni entendu.
Chez les Bohras, la foi n’est pas seulement une conviction personnelle : c’est une identité communautaire, transmise par des liens commerciaux, familiaux et d’obéissance à une direction religieuse qui oriente pratiquement tous les aspects de la vie. Quitter l’islam signifie rompre avec le réseau d’affaires, de parenté et d’appartenance qui soutient l’existence de chaque famille, un coût social que peu sont disposés à payer. À cela s’ajoute l’absence quasi totale d’églises ou de communautés chrétiennes au sein même du groupe, ce qui rend rare tout contact avec l’Évangile venant de l’intérieur de la culture.
Comme dans toute communauté fermée autour d’une direction religieuse forte, il y a besoin d’espaces où les questions de foi puissent être posées librement, sans le poids de la rupture avec la famille et la communauté. La vie commerciale intense laisse aussi peu de place à la réflexion spirituelle en dehors des chemins déjà tracés par la tradition.
Il manque, surtout, une présence chrétienne authentique et proche : des personnes qui connaissent la culture bohra de l’intérieur, respectent son histoire et puissent présenter Jésus non comme une rupture culturelle, mais comme une bonne nouvelle pour tout son peuple.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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