Peuple non atteint Frontière
Les Dhanuks forment un peuple du nord de l’Inde et du sud du Népal, concentré dans la plaine du Teraï, bande fertile de villages agricoles qui traverse la frontière entre les deux pays. La tradition du groupe remonte à des archers et des gardes qui auraient aidé des rois rajpouts à défendre leurs terres contre les invasions moghole, et le nom lui-même évoque l’arc, “dhanush”, qu’ils portaient.
Aujourd’hui, ils vivent principalement au Bihar, en Uttar Pradesh et en Haryana, en Inde, ainsi que dans les districts de Saptari, Siraha et Dhanusa, au Népal. Ils parlent le hindi et le bhojpuri du côté indien et le maithili du côté népalais, langues qui les rapprochent culturellement des Tharus, un autre peuple du Teraï. Depuis des générations, ils ont été laboureurs, tisserands, pêcheurs et gardiens au service de propriétaires terriens, et cette histoire de travail et de service façonne encore largement leur identité et la place sociale qu’ils occupent dans les deux pays.
La mémoire collective des Dhanuks rattache leur origine à des tribus guerrières maniant l'arc et la flèche, qui auraient combattu aux côtés de rois rajpouts contre les invasions moghole, donnant naissance au nom même du peuple. Avec le temps, cet héritage guerrier a cédé la place à une vie rurale tournée vers le travail de la terre, et le groupe s'est fixé dans la vaste plaine du Teraï, divisée par la frontière moderne entre l'Inde et le Népal.
Au cours des dernières décennies, le peuple a cherché à renforcer son identité et sa reconnaissance sociale, en se rattachant à des figures historiques vénérées et en obtenant, dans certains États indiens, un statut de caste qui garantit certaines protections légales. Cette quête de dignité et d'appartenance continue de marquer le parcours dhanuk jusqu'à aujourd'hui.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Inde Non atteint
|
94,8%
|
4.418.000 |
Népal Non atteint
|
5,2%
|
241.000 |
La vie des Dhanuks s’organise autour de la terre et du travail pour ceux qui la possèdent : ils sont laboureurs, pêcheurs, tisserands et domestiques dans des villages situés aux abords des rivières et en lisière des forêts, dans le Teraï qui s’étend entre l’Inde et le Népal. Les maisons en terre, les corvées agricoles collectives et les liens claniques rythment le quotidien, et des cérémonies propres marquent naissances, mariages et décès.
La dot du mariage et la discipline communautaire, qui peut aller jusqu’à l’exclusion de celui qui enfreint les règles du groupe, montrent combien l’appartenance au clan pèse plus lourd que le choix individuel. Aujourd’hui encore, le groupe se divise en deux branches, l’une plus proche de pratiques populaires liées à la déesse Kali, l’autre plus réservée, signe que l’identité dhanuk n’a jamais été unique, mais plutôt plusieurs façons de vivre une même origine.
La grande majorité des Dhanuks suit l’hindouisme, et la foi est étroitement liée à l’identité même du groupe et à sa position au sein du système des castes. Au sein du peuple, il existe deux branches aux pratiques distinctes : l’une plus dévouée à la déesse Kali, incluant la consommation de viande de porc et d’alcool dans des contextes rituels, l’autre plus réservée, qui évite ces pratiques.
Aux côtés de la dévotion aux divinités hindoues, subsistent des croyances en la magie, les esprits et la sorcellerie, présentes dans les explications données aux maladies, aux malheurs et aux décès. Des rituels précis marquent la naissance, le mariage et la mort, réaffirmant à chaque étape de la vie l’appartenance à la communauté et à ses traditions.
Le Nouveau Testament existe en maithili, langue parlée par la majorité des Dhanuks du Népal, depuis 2010, et circule aussi en audio, dans des applications mobiles et dans le film Jésus. Du côté indien, où prédominent le hindi et le bhojpuri, la Bible complète est disponible depuis bien plus longtemps. Malgré cela, l’analphabétisme dans les zones rurales et l’absence de contact avec des communautés chrétiennes font que ces textes restent, pour la plupart des familles dhanuk, pratiquement inconnus.
Être dhanuk, c’est dans les faits être hindou : la foi est liée à l’identité de caste et à la position sociale acquise de haute lutte au fil des générations. Quitter cette religion signifierait rompre avec la famille, avec le clan et avec la place que le groupe occupe dans la société. La dispersion en petites communautés rurales, dont beaucoup vivent du travail pour autrui, laisse elle aussi peu de place et peu de contacts en dehors du propre cercle social pour qu’un message différent parvienne et soit écouté avec attention.
De nombreuses familles dhanuk dépendent du travail de la terre pour autrui et du service domestique pour survivre, une réalité qui laisse peu de place à l’éducation et à la mobilité sociale. Il existe un besoin réel d’emplois plus stables, d’accès à l’alphabétisation et de meilleures conditions de vie dans les villages où elles résident.
Sur le plan spirituel, le manque est tout aussi grand : presque personne parmi les Dhanuks n’a entendu parler clairement de Jésus, et il n’existe pratiquement aucune communauté chrétienne locale vers laquelle une personne intéressée pourrait se tourner pour apprendre, questionner et grandir dans la foi.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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