Peuple non atteint Frontière
Les Dhobis Ajudhyabansis appartiennent à la grande caste de blanchisseurs qui sert les familles hindoues du nord de l’Inde et du Népal, un métier qui a façonné pendant des générations l’identité, le nom et la place sociale du groupe. Le terme qui les désigne vient du sanskrit et signifie laver, et ajudhyabansi identifie l’une des branches de cette vaste communauté de blanchisseurs, reconnue comme groupe à part entière aussi bien en Inde qu’au Népal.
Ils vivent surtout dans des villages et des villes où le lavage et le repassage du linge font encore vivre une partie des familles, même si ce travail change de génération en génération. Leur identité se définit à la fois par la fonction qu’ils exercent dans la société hindoue et par la place qu’ils occupent dans la hiérarchie des castes, un système qui attribue valeur et restrictions à chaque métier et à chaque naissance.
L'origine des Dhobis se confond avec l'organisation même des castes du sous-continent indien, dans laquelle chaque groupe héritait d'un métier et le transmettait de père en fils au fil des siècles. Les Ajudhyabansis se sont répandus principalement dans les États du nord et du centre de l'Inde, comme l'Uttar Pradesh, le Bihar et le Madhya Pradesh, ainsi qu'au Chhattisgarh, au Jharkhand, à New Delhi et en Uttarakhand, conservant partout la même vocation à laver et à entretenir le linge d'autrui.
Avec le temps, le groupe s'est aussi installé dans les plaines du sud du Népal, où il est aujourd'hui reconnu comme faisant partie de la population dalit locale, soumise à des formes de discrimination semblables à celles que la caste affronte de l'autre côté de la frontière.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Inde Non atteint
|
99,2%
|
204.000 |
Népal Non atteint
|
0,8%
|
1.600 |
Le travail traditionnel répartit les tâches entre hommes et femmes : les hommes lavent le linge des clients et les femmes le repassent, consacrant souvent leur propre revenu aux dépenses du foyer. Les filles apprennent à repasser dès leur plus jeune âge, et les garçons aident leurs parents en lavant les petites pièces de linge et en livrant les paquets de linge propre aux familles servies, un apprentissage qui commence tôt et accompagne le rythme de la vie domestique.
La dot d’une mariée ajudhyabansi comprend généralement un fer à repasser, symbole du métier qui l’accompagnera dans son nouveau foyer. Aujourd’hui, cependant, de nombreuses familles cherchent d’autres voies : petits commerces personnels et emplois publics gagnent du terrain à mesure que les machines à laver rendent le travail traditionnel de plus en plus rare.
La majorité suit des formes populaires de l’hindouisme, vénérant des divinités locales aux côtés des grandes traditions religieuses de la région. Il est courant que l’instrument même du travail, la pierre utilisée pour battre et laver le linge, reçoive une place de dévotion, signe de la manière dont la foi s’entremêle au quotidien et au métier de la famille.
Cette religiosité a un caractère pratique, tournée vers la protection de la famille, la prospérité du travail et l’équilibre entre les forces qui, selon cette vision du monde, régissent la vie et le sort de chaque foyer. L’appartenance religieuse va de pair avec la position qu’occupe le groupe dans la hiérarchie sociale, quelque chose difficilement séparable de l’identité dhobi elle-même.
La Bible est déjà disponible dans son intégralité en hindi, la langue que parle la majeure partie du peuple en Inde, et le film Jésus ainsi que des enregistrements audio sont également accessibles dans cette langue. Au Népal, une petite partie du groupe parle awadhi, langue qui dispose elle aussi déjà de la Bible complète et du film Jésus. Disposer du texte n’est cependant qu’un premier pas : peu de Dhobis Ajudhyabansis en ont déjà entendu parler ou ont été mis en contact avec quelqu’un qui le leur présente.
Être dhobi signifie porter, avec le métier, une place fixe et historiquement dévalorisée dans la hiérarchie des castes, quelque chose qui traverse les générations et façonne la manière dont la famille est perçue par les voisins. Changer de foi peut être perçu comme abandonner non seulement la religion, mais la place sociale même de la famille, ce qui suscite une forte résistance interne. À cela s’ajoute le peu de contact avec des églises ou des chrétiens issus de leur propre communauté, ce qui fait de la première rencontre avec l’Évangile un événement rare au sein de cette population.
Le chômage augmente à mesure que les machines à laver remplacent le travail manuel qui a fait vivre ce peuple pendant des générations, laissant de nombreuses familles en quête d’une nouvelle forme de subsistance et de dignité face à ce changement. Dans le même temps, il n’existe presque aucune présence de communautés chrétiennes parmi les Dhobis Ajudhyabansis, ce qui signifie que là où apparaîtra un premier croyant, il trouvera difficilement des frères dans la foi à proximité. Il y a donc place à la fois pour le souci de la vie pratique des familles et pour l’accompagnement patient de ceux qui s’approcheront de l’Évangile.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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