Peuple non atteint Frontière
Les Fula baguirmi sont une branche du grand peuple fula qui s’étend sur une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest et centrale, établie dans la région historique du Baguirmi, dans le centre-sud du Tchad, d’où une partie de ses groupes a poussé vers l’est jusqu’en République centrafricaine. Ils allient l’élevage à l’agriculture, un trait qui les distingue d’autres branches fula plus strictement nomades.
Leur langue, le fula baguirmi, appartient au grand tronc linguistique que les Fula ont emporté avec eux dans leurs migrations à travers le Sahel au fil des siècles, un trait d’unité qui traverse les frontières nationales. La tradition orale, marquée par la poésie et le chant, ainsi qu’un fort sens de l’honneur et de l’appartenance au clan, restent centraux dans la vie du peuple, façonnant qui ils sont bien au-delà du territoire qu’ils occupent.
Les Fula descendent de pasteurs qui, selon la tradition, seraient venus du nord de l'Afrique ou du Moyen-Orient il y a des siècles, se répandant ensuite sur une vaste étendue du Sahel en quête de pâturages pour leurs troupeaux. Ils furent l'un des premiers peuples africains à adopter l'islam, et cette conversion précoce a contribué à façonner leur identité collective dans les siècles suivants.
La branche qui porte aujourd'hui le nom de fula baguirmi s'est fixée dans l'ancienne région du Baguirmi, dans l'actuel Tchad, un territoire qui fut pendant des siècles aussi le foyer d'autres peuples et un centre d'échanges religieux et commerciaux. Avec le temps, une partie de ces Fula a avancé vers l'est, emportant avec elle les mêmes coutumes et la même langue jusqu'au territoire qui est aujourd'hui la République centrafricaine.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
République centrafricaine Non atteint
|
82,2%
|
240.000 |
Tchad Non atteint
|
17,8%
|
52.000 |
La vie tourne autour du bétail, symbole majeur de richesse et de prestige chez les Fula: plus le troupeau d’une famille est grand, plus sa position sociale est élevée, et le nombre de têtes pèse même dans le choix d’une épouse. Pour autant, les Fula baguirmi ne sont pas entièrement errants: ils gardent une habitation fixe où ils passent une bonne partie de l’année, ne se déplaçant avec les animaux que pendant la saison sèche, quand le pâturage et l’eau se raréfient dans la région.
Beaucoup d’hommes ont plus d’une épouse, et la poésie, le chant et la danse occupent une place centrale dans la vie communautaire, aux côtés de valeurs comme la beauté, l’honneur et la conduite morale. Ce sont ces éléments, plus encore que la terre où ils vivent, qui donnent aux Fula baguirmi leur sens d’identité partagée.
Les Fula baguirmi sont musulmans, héritiers de l’une des conversions les plus anciennes à l’islam parmi les peuples d’Afrique. La foi islamique est si étroitement mêlée à l’identité fula que la pratiquer fait, pour eux, partie de ce que signifie appartenir à leur propre peuple, et l’abandonner est perçu comme une rupture avec sa propre famille et sa propre origine.
Aux côtés de l’observance islamique, les Fula baguirmi suivent le pulaaku, un code traditionnel de conduite qui valorise la maîtrise de soi, l’hospitalité, le courage et la pudeur, et qui oriente le comportement quotidien autant que la foi professée. Ils entretiennent aussi un vif attachement à la poésie, au chant et à la beauté, éléments qu’ils considèrent aussi essentiels à la vie que la dévotion religieuse.
La langue fula baguirmi a déjà reçu le Nouveau Testament, achevé en 2005, ainsi que des portions audio destinées à un peuple pour qui la parole parlée, la poésie et le chant comptent plus que l’écrit. Comme l’alphabétisation formelle n’est pas courante parmi eux, les enregistrements et diffusions en fula baguirmi tendent à atteindre plus de familles qu’un texte imprimé, faisant de la radio et de l’audio des voies naturelles pour que les Écritures parviennent jusqu’aux campements et aux villages.
Chez les Fula, l’identité musulmane est inséparable de l’identité ethnique: être fula, c’est être musulman, et abandonner l’islam est interprété comme abandonner son propre peuple et sa propre famille. À cela s’ajoute le mode de vie semi-nomade, qui rend difficile un contact continu avec toute communauté chrétienne, ainsi que la tension récurrente avec les peuples agriculteurs voisins pour la terre et l’eau au Tchad et en République centrafricaine, ce qui renforce l’isolement et la méfiance envers ceux qui viennent de l’extérieur.
L’élevage dépend directement du climat, et des périodes de sécheresse prolongée menacent aussi bien les troupeaux que les cultures qui complètent la subsistance des familles fula baguirmi. La dispute pour la terre et l’eau avec les communautés agricoles voisines a aussi engendré des tensions et des épisodes de violence au Tchad et en République centrafricaine, faisant de la recherche d’une cohabitation pacifique un besoin concret et urgent.
Sur le plan spirituel, le petit nombre de Fula baguirmi qui suivent déjà Jésus vivent dispersés et sans le soutien d’une communauté de foi établie, ayant besoin d’accompagnement et d’encouragement pour rester fermes face à la pression sociale et familiale.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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