Peuple non atteint Frontière
Les Gadarias forment l’une des grandes communautés pastorales originaires du nord de l’Inde, également présentes au Népal. Leur nom remonte au mot signifiant mouton, une référence directe au métier qui a façonné leur identité pendant des siècles : l’élevage des troupeaux et la production de laine et de couvertures, bien qu’aujourd’hui la majorité travaille comme maçons et ouvriers du bâtiment.
Ils sont concentrés surtout dans l’Uttar Pradesh, mais vivent aussi au Rajasthan, au Bihar, au Punjab, au Gujarat et dans d’autres États, formant un réseau de communautés reliées par la lignée, le métier d’origine et la tradition religieuse hindoue. Dans certaines régions, ils sont appelés par d’autres noms, comme Gairi ou Chaudhary, signe de la façon dont une même identité s’adapte à différentes langues et coutumes locales sans perdre son unité d’origine.
L'origine des Gadarias est associée par certains chercheurs à l'ancien royaume de Gandhara, mentionné dans d'anciens textes védiques comme une terre de bergers, ainsi qu'à des inscriptions perses du quatrième siècle avant Jésus-Christ qui citent le peuple de la région sous le nom de gadariyas. Ils se considèrent aussi parmi les premiers habitants de la vallée de la Narmada, région où des villages comme Gadariakheda et Gadarwara portent encore leur nom.
Au début du vingtième siècle, une partie de la communauté a cherché une reconnaissance sociale plus élevée, adoptant pour un temps l'identité de Pali Rajput, mouvement qui a ensuite reculé, la majorité étant revenue à s'identifier simplement comme gadaria, conservant le lien historique avec le pastoralisme comme marque d'origine du groupe.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Inde Non atteint
|
99,9%
|
7.070.000 |
Népal Non atteint
|
0,1%
|
8.800 |
Historiquement bergers de moutons et de chèvres, les Gadarias travaillent aujourd’hui majoritairement comme maçons et ouvriers du bâtiment, et seule une partie de la communauté élève encore des animaux ou tisse la laine comme autrefois. Malgré ce changement de métier, le groupe s’organise par gotras, lignées de clan comme Chauhan, Rathod et Sisodiya, qui orientent les alliances de mariage et l’appartenance sociale, ainsi que par des subdivisions internes, comme Dhangar et Nikhar, qui distinguent des branches de la communauté selon les régions.
La vie s’organise autour du village ou du quartier de travail et des obligations familiales, avec un fort respect des hiérarchies d’âge et de parenté. Beaucoup gardent des liens étroits avec leur communauté d’origine même en migrant vers les villes pour trouver du travail dans le bâtiment.
Les Gadarias sont des hindous dévots, et comme la plupart des communautés hindoues du nord de l’Inde, ils vénèrent les divinités du panthéon hindou, visitent des temples et offrent des prières, de la nourriture, des fleurs et de l’encens en quête de protection et de bénédictions. Ils participent aux grandes célébrations du calendrier hindou, comme Holi, Diwali, Navratri et Rama Navami, qui rythment l’année religieuse.
La pratique religieuse se vit au quotidien du village ou du quartier, dans les fêtes, les rituels familiaux et les visites au temple, avec un fort respect des traditions transmises de génération en génération. L’identité de caste et la dévotion hindoue se confondent : être gadaria, c’est pour la plupart aussi être hindou par héritage et par pratique quotidienne.
Le hindi, langue maternelle de la majeure partie du peuple gadaria, dispose d’une Bible complète depuis plus de deux siècles, et une bonne partie de la communauté parle aussi des langues régionales comme le bhojpuri, le kanauji et le mewari, certaines disposant elles aussi d’Écritures disponibles. Le défi n’est pas l’absence du texte sacré, mais la distance entre celui-ci et le quotidien de la communauté : peu de Gadarias ont déjà ouvert une Bible ou entendu son contenu dans un contexte qui respecte leur identité et leurs coutumes.
Être gadaria, c’est dans les faits être hindou : l’identité de caste est entrelacée à la dévotion hindoue et aux coutumes transmises de génération en génération, et abandonner cette foi est ressenti comme abandonner sa propre famille et la communauté qui soutient le groupe. Le classement parmi les Autres Classes Défavorisées renforce des réseaux sociaux fermés autour des mariages et des rituels du groupe même, ce qui complique le contact prolongé avec des chrétiens extérieurs à la caste. À cela s’ajoutent le faible niveau de scolarité d’une partie de la communauté et la dispersion dans des villages et des périphéries urbaines de plusieurs régions du nord de l’Inde et du Népal, où il existe rarement une église locale qui parle la même langue ou comprenne les coutumes du groupe.
Une grande partie des Gadarias vit aujourd’hui du travail de maçon et d’ouvrier du bâtiment, souvent dans des conditions instables et loin de leur village natal, tandis qu’une seule partie de la communauté conserve encore l’élevage de moutons et de chèvres comme source de revenus. Cette migration constante en quête de travail met sous pression des familles entières et affaiblit les réseaux de soutien traditionnels.
Sur le plan spirituel, le besoin le plus profond est l’accès réel à l’évangile au sein même de leur culture : il n’existe presque aucun croyant ni communauté chrétienne parmi les Gadarias, et il manque quelqu’un pour annoncer le message du Christ d’une manière simple, en respectant leur identité de caste et leur histoire de peuple d’origine pastorale.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
Accéder au Calendrier de PrièreCréez votre compte pour adopter et recevoir des sujets de prière.