Peuple non atteint Frontière
Sur le plateau rocheux du Jabal Nafusah, au sud-ouest de Tripoli, vit un peuple berbère qui a préservé sa langue et sa foi au milieu de siècles de pression pour se fondre dans la majorité arabe de la Libye. Les Nafusi parlent une variante du tamazight connue sous le nom de nafusi, héritage direct des peuples berbères qui habitaient l’Afrique du Nord bien avant l’arrivée de l’islam.
L’un des traits les plus marquants de leurs villages sont les anciennes maisons troglodytes, des habitations creusées dans la roche calcaire tendre, certaines à la verticale, d’autres horizontalement à flanc de coteau, qui ont protégé des générations de familles de la chaleur extrême du plateau. Cette architecture unique est devenue le symbole d’une identité qui a résisté au temps.
Contrairement à la majorité sunnite du pays, les Nafusi appartiennent à l’ibadisme, une branche de l’islam née dès le VIIe siècle. Cette distinction religieuse, ajoutée à la langue berbère, fait d’eux un peuple au visage et à l’histoire propres au sein de la Libye, pas seulement un groupe ethnique de plus dans le désert.
La présence berbère sur le plateau du Jabal Nafusah précède de loin l'arrivée des Arabes en Afrique du Nord. C'est dans ces montagnes isolées que des communautés berbères trouvèrent refuge et parvinrent à préserver leur langue et leurs coutumes tandis que le littoral s'arabisait.
Au VIIe siècle, lorsque surgirent les premières divergences sur la manière dont la direction religieuse de l'islam devait être choisie, un groupe s'écarta du courant majoritaire et donna naissance à l'ibadisme. Cette doctrine trouva un terrain fertile parmi les Berbères du nord-ouest de l'Afrique, qui y virent un moyen de garder leurs distances aussi bien envers les Arabes conquérants qu'envers l'islam sunnite dominant. Le Jabal Nafusah est devenu l'un des bastions les plus durables de cette tradition, un rôle que la région conserve encore aujourd'hui.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Libye Non atteint
|
100%
|
217.000 |
La vie sur le plateau a toujours dépendu de la capacité à tirer subsistance d’un sol sec et pierreux. Les familles cultivent oliviers, figuiers, abricotiers et palmiers, et élèvent chèvres et moutons sur les coteaux. La récolte des olives et la production d’huile d’olive restent des activités centrales dans le calendrier des villages.
Les anciennes maisons creusées dans la roche, bien que moins habitées aujourd’hui que par le passé, marquent encore le paysage et la mémoire collective du peuple. La vie communautaire tourne autour du village et de la mosquée, avec un fort sentiment d’appartenance à un lieu et à une histoire qui les distingue des Arabes du littoral.
Les Nafusi sont entièrement musulmans, mais suivent l’ibadisme, une branche minoritaire de l’islam distincte à la fois du sunnisme et du chiisme. Pour eux, l’appartenance ibadite n’est pas seulement un choix religieux : elle fait partie de l’identité berbère elle-même, un signe qu’ils ont résisté à l’assimilation qui a effacé d’autres groupes ethniques d’Afrique du Nord.
Cette combinaison entre ethnicité et doctrine rend la foi islamique profondément liée à la fierté d’être Nafusi. Abandonner l’islam, dans cette logique, signifierait rompre non seulement avec une croyance, mais avec la communauté elle-même et sa longue histoire de résistance.
La langue nafusi compte déjà des portions bibliques traduites, mais le Nouveau Testament complet et la Bible entière n’existent pas encore dans cette langue. Pour un peuple qui préserve son parler berbère avec tant de soin, entendre et lire la Parole dans sa propre langue, et non seulement en arabe, serait un pas décisif pour que les Écritures cessent de sonner comme quelque chose d’étranger.
Chez les Nafusi, identité berbère, tradition ibadite et islam forment un seul tissu : remettre en question la foi est vu comme une trahison de sa propre ethnie et de la mémoire de résistance qu’elle porte. L’isolement géographique du plateau, l’instabilité que traverse la Libye ces dernières années et l’absence quasi totale d’Écritures complètes dans la langue du peuple rendent le premier contact avec l’Évangile extrêmement rare.
L’instabilité qui touche la Libye dans son ensemble atteint aussi le Jabal Nafusah, apportant incertitude sur la sécurité, la gouvernance et l’avenir économique pour les familles qui dépendent de l’agriculture de subsistance. Il existe un réel besoin de stabilité et d’une gouvernance qui protège des communautés comme celle-ci.
Sur le plan spirituel, le manque est quasi total : il n’existe aucune communauté chrétienne connue parmi les Nafusi, ni Écriture complète dans leur propre langue. Un peuple qui a préservé pendant des siècles son identité unique attend encore que quelqu’un lui parle du Christ dans la langue apprise dès le berceau.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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