Peuple non atteint Frontière
Les Mallah Kewat sont un peuple de tradition fluviale, concentré dans le nord et l’est de l’Inde, avec des communautés également présentes au Bangladesh et au Népal. Historiquement connus comme bateliers et pêcheurs, ils vivent depuis des générations sur les rives de grands fleuves comme le Gange et ses affluents, qui ont façonné à la fois leur subsistance et leur identité religieuse. Le nom Kewat apparaît déjà dans la littérature indienne ancienne, associé au métier de conduire des personnes et des marchandises sur les eaux.
Ils parlent le hindi, le bengali ou le maithili, selon le pays où ils vivent, et s’organisent comme une caste au sein de la société hindoue, avec des sous-groupes qui renforcent les liens de parenté et d’appartenance. Beaucoup s’identifient aussi sous le nom de Nishad, en référence au batelier de la tradition du Ramayana qui fit traverser le fleuve à Rama, Sita et Lakshmana : une origine mythique dont ils sont fiers, même s’ils portent l’étiquette sociale de caste arriérée.
L'identité des Mallah Kewat est enracinée dans la longue histoire des communautés fluviales du sous-continent indien, dont le métier de batelier est mentionné dans des textes anciens et renforcé par la tradition orale qui les relie au personnage de Nishad dans le Ramayana. Au fil des siècles, ils se sont installés le long des grands fleuves de l'Uttar Pradesh, du Bihar, du Bengale et des régions voisines, vivant du transport fluvial et de la pêche. Au vingtième siècle, l'organisation sociale a gagné en poids politique avec la création d'associations qui ont uni Kewat, Bind et d'autres sous-castes fluviales autour d'une identité commune, en quête de reconnaissance et de mobilité au sein de la structure rigide des castes en Inde.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Inde Non atteint
|
97,6%
|
315.000 |
Népal Non atteint
|
1,9%
|
6.200 |
Bangladesh Non atteint
|
0,5%
|
1.700 |
Pendant des générations, le fleuve a été le centre de la vie des Mallah Kewat : les hommes conduisaient des bateaux et jetaient des filets de pêche, tandis que des familles entières dépendaient des eaux pour leur subsistance quotidienne. Aujourd’hui, avec le déclin de la navigation traditionnelle, beaucoup se sont tournés vers l’agriculture, le bâtiment et le travail salarié dans les villes, sans cesser de vivre près des fleuves et des zones humides chaque fois que possible.
Le mariage au sein de la même caste est la règle, et la vie sociale s’organise autour de la famille élargie et des obligations de parenté. Les femmes sortent rarement dans les espaces publics au quotidien, mais dans des villes de pèlerinage comme Allahabad et Bénarès, il est courant de les voir, avec les enfants, vendre des fleurs et de l’encens utilisés dans les rituels de vénération du fleuve.
Les Mallah Kewat sont hindous, et leur foi est profondément liée à la vie au bord des fleuves. Outre les divinités du panthéon hindou, ils vénèrent des esprits et des forces liés aux eaux, à la nature et aux ancêtres, cherchant une protection divine sur leur propre métier : un batelier a tendance à honorer la divinité qu’il croit capable de garantir sa sécurité pendant la traversée.
Ils pratiquent aussi des rituels de purification et de pèlerinage le long des grands fleuves, en particulier le Gange, considérés comme des canaux de bénédiction spirituelle. Les croyances au karma, à la réincarnation et à la pureté rituelle orientent tant la vie religieuse que les relations sociales, renforçant les limites de la caste et le rôle de chaque famille en son sein.
La Bible est disponible depuis longtemps en hindi et en bengali, les principales langues parlées par les Mallah Kewat en Inde et au Bangladesh ; en maithili en revanche, parlé par ceux qui vivent au Népal, seul le Nouveau Testament a été traduit à ce jour. Pourtant, avoir accès au texte est une chose, et le contact réel avec lui en est une autre : peu d’exemplaires circulent parmi les familles fluviales peu scolarisées, et le message leur parvient rarement par quelqu’un qui l’explique en des termes qui font sens dans la culture du fleuve.
Être Mallah Kewat, c’est vivre dans une identité de caste renforcée par la mythologie hindoue et par le quotidien au bord du fleuve, ce qui laisse peu de place pour envisager une autre foi. Le faible niveau d’alphabétisation complique le contact direct avec les Écritures, et Jésus, lorsqu’il est connu, est généralement perçu comme une figure religieuse de plus parmi tant d’autres dans l’hindouisme populaire, non comme le Fils de Dieu crucifié et ressuscité. À cela s’ajoute la quasi-absence d’églises et de chrétiens mûrs dans ces communautés fluviales, ce qui rend rare tout témoignage vivant de l’évangile.
Avec le déclin de la navigation traditionnelle, de nombreuses familles Mallah Kewat font face à une insécurité de revenus et cherchent du travail dans le bâtiment, l’agriculture ou les villes, souvent sans qualification pour cela. La pauvreté, le faible niveau de scolarité et l’accès limité aux soins de santé aggravent la vulnérabilité de communautés déjà marginalisées par leur position de caste.
Sur le plan spirituel, il manque une présentation de l’évangile qui dialogue avec la culture fluviale et atteigne aussi ceux qui ne savent pas lire, au moyen de récits oraux et de ressources audio et vidéo. Il manque encore une communauté chrétienne locale : le discipulat, l’accompagnement et un exemple de foi vécue près du fleuve qu’ils ont toujours connu.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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