Peuple non atteint Frontière
Les Mararit arabisés sont un peuple du nord du Soudan, descendant du groupe ethnique mararit, historiquement lié à la région du Darfour et au Tchad voisin, mais qui, au fil des générations, a adopté la langue arabe soudanaise et en est venu à s’identifier culturellement au monde arabe islamique. Ce processus, vécu par plusieurs ethnies soudanaises après l’indépendance du pays en 1956, a redessiné la manière dont ce peuple se perçoit et se présente au monde.
Bien qu’ayant remplacé leur langue d’origine par un dialecte arabe, les Mararit arabisés conservent une base économique agricole et pastorale qui remonte à leurs racines. Le sorgho et le maïs nourrissent les familles, tandis que les chèvres et le bétail complètent le nécessaire pour vivre. C’est un peuple qui a su s’adapter à de profonds changements d’identité sans abandonner le lien avec la terre qui le fait vivre.
Les Mararit trouvent leur origine parmi les peuples de langue nilo-saharienne qui habitent historiquement la frontière entre le Darfour, au Soudan, et l'est du Tchad, à proximité des Tama, avec qui ils partagent des racines communes. Pendant des décennies, ils ont vécu comme un groupe ethnolinguistique avec une identité et une langue propres.
Le tournant est survenu avec l'indépendance du Soudan en 1956, lorsque les Arabes soudanais ont occupé l'espace de pouvoir laissé par les Égyptiens et les Britanniques. L'expansion d'un système éducatif en langue arabe et l'influence croissante de l'islam ont conduit plusieurs ethnies du nord du pays, dont les Mararit, à un processus d'arabisation : l'adoption de l'arabe soudanais et de références culturelles arabo-islamiques à la place de la langue et des coutumes d'origine.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Soudan Non atteint
|
100%
|
133.000 |
La vie s’organise autour de la terre et du troupeau. Les familles cultivent le sorgho et le maïs comme base de leur alimentation, tandis que les chèvres et le bétail fournissent viande, lait et une réserve de valeur qui soutient l’économie domestique dans les périodes difficiles. C’est un quotidien façonné par les saisons des pluies et la disponibilité des pâturages, commun aux communautés agropastorales du nord du Soudan.
L’organisation sociale suit des liens de parenté et d’appartenance à un même territoire, avec des décisions communautaires prises par les anciens et des figures d’autorité traditionnelle. L’arabisation a aussi entraîné des changements dans la langue parlée à la maison et dans les coutumes quotidiennes, rapprochant les Mararit de modèles culturels arabes plus larges, même si l’origine du peuple demeure distincte.
L’islam sunnite est aujourd’hui au cœur de l’identité des Mararit arabisés, tout comme la langue arabe qu’ils ont adoptée. La foi islamique n’est plus seulement une croyance religieuse, elle fait désormais partie de ce qui définit qui ils sont en tant que peuple, intimement liée à l’histoire d’arabisation vécue après l’indépendance du Soudan.
Cette fusion entre religion et identité ethnique fait que tout ce qui est perçu comme étranger à l’islam est aussitôt rejeté, y compris les pratiques ou idées associées au christianisme. Vivre la foi musulmane, dans ce contexte, c’est aussi une manière d’appartenir et d’honorer la trajectoire de son propre peuple.
L’arabe soudanais, langue que les Mararit arabisés ont adoptée à la place de la langue d’origine du peuple, dispose déjà d’un Nouveau Testament publié ainsi que de portions bibliques plus anciennes. Pourtant, peu de Mararit ont un contact direct avec ce matériel : l’éloignement des villes, le faible taux d’alphabétisation dans de nombreuses familles et la forte identification de la langue arabe à l’islam font de la Parole écrite quelque chose de pratiquement absent du quotidien de la communauté.
Être mararit arabisé, c’est dans les faits être musulman : la foi islamique fait désormais partie de l’identité héritée avec la langue arabe, et tout signe d’ouverture à l’Évangile est perçu comme un abandon de sa propre origine. Des décennies de conflit et d’instabilité dans la région où ils vivent rendent encore plus difficile la présence de qui pourrait annoncer Christ, et l’isolement dans le nord du pays maintient ce peuple éloigné de toute communauté chrétienne proche.
Comme beaucoup de communautés agropastorales du nord du Soudan, les Mararit arabisés traversent des périodes de sécheresse et d’instabilité qui menacent récoltes et troupeaux, faisant de la sécurité alimentaire une préoccupation constante. Le manque d’eau et de pâturages à certaines périodes de l’année pèse directement sur des familles qui dépendent de la terre pour survivre.
Sur le plan spirituel, le besoin est tout aussi profond : il n’existe aucune communauté chrétienne connue parmi eux, et quiconque viendrait à suivre Jésus trouverait aujourd’hui peu ou pas de frères dans la foi à proximité. Il y a un réel manque de personnes disposées à marcher aux côtés de ce peuple avec patience et une amitié sincère.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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