Peuple non atteint Frontière
Les mirasis musulmans sont un peuple d’Asie du Sud connu, depuis des générations, pour son art de la parole et de la musique : chanteurs, musiciens et gardiens de la mémoire d’autres familles. Au Pakistan, ils vivent majoritairement dans la région du Pendjab, avec des poches également au Sindh et au Khyber Pakhtunkhwa ; en Inde, on les trouve surtout en Haryana et au Pendjab.
Le nom du peuple vient d’un mot arabe qui signifie héritage, référence directe au métier qui se transmettait de père en fils : chanter aux mariages et aux fêtes, jouer des instruments traditionnels et réciter de mémoire la généalogie des familles qu’ils servaient depuis des générations.
Cette vocation à garder et transmettre des histoires demeure vivante dans l’identité du peuple, même après que l’ancien système de mécénat qui soutenait ce métier a profondément changé au cours du dernier siècle.
L'origine des mirasis remonte à un rôle social bien défini au Pendjab : des familles héréditaires de bardes, généalogistes et musiciens, qui se produisaient aux mariages et aux fêtes et gardaient en mémoire l'histoire d'autres familles, recevant en échange de ce service de quoi subvenir à leurs besoins. Pendant la période coloniale britannique, ce métier fut la cible d'un fort préjugé, et des réformes de l'époque cherchèrent à marginaliser cette tradition musicale.
Avec le temps, les liens entre les mirasis et leurs anciens protecteurs se sont affaiblis, et de nombreuses familles ont dû chercher de nouvelles sources de subsistance. Aujourd'hui, la majeure partie du peuple mirasi musulman vit au Pakistan, avec une communauté plus restreinte en Inde, et le métier musical, bien qu'affaibli, continue de marquer fortement l'identité du groupe.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Pakistan Non atteint
|
97,8%
|
1.870.000 |
Inde Non atteint
|
2,2%
|
42.000 |
Après l’affaiblissement de l’ancien mécénat, les mirasis se sont répartis entre diverses occupations : beaucoup restent musiciens et artistes, présents aux mariages, festivals et spectacles populaires, tandis que d’autres vivent de travaux informels ou de l’agriculture. La transmission du répertoire musical et des généalogies familiales de famille en famille se poursuit, bien que de façon de plus en plus rare.
Être mirasi porte, pour beaucoup, le poids d’une origine associée à un métier de statut social bas, héritage du préjugé historique auquel le groupe a fait face. Malgré cela, la fierté pour l’art musical demeure vivante chez ceux qui poursuivent ce métier, et certaines familles cherchent aujourd’hui à revitaliser ces traditions.
Les mirasis musulmans suivent l’islam sunnite. Comme dans une grande partie du Pendjab rural, la foi s’exprime par une forte dévotion envers les sanctuaires de pirs, maîtres spirituels dont la mémoire est vénérée par des pèlerinages, des chants et des demandes de bénédiction, pratique qui s’entrelace avec le métier musical même du peuple, puisque de nombreux mirasis chantent aussi des louanges et des poèmes religieux lors de ces occasions, mêlant art et dévotion d’une manière bien particulière.
Être mirasi et être musulman vont de pair dans l’identité du groupe, et l’origine liée à un métier spécifique ne sépare pas la communauté de la foi islamique partagée avec la majorité de la société environnante.
Au Pakistan, où vit la majeure partie du peuple, des Écritures sont déjà publiées en pendjabi, la langue de la majorité des mirasis du pays. Du côté indien, où beaucoup parlent l’ourdou, la Bible complète est disponible depuis bien plus longtemps, depuis le XIXe siècle. Malgré cela, pour la plupart des mirasis, entendre ou lire ces Écritures dans leur propre langue demeure une expérience rare.
L’identité mirasi est profondément unie à l’islam, ce qui fait de tout changement de foi une rupture non seulement religieuse, mais aussi sociale et familiale. À cela s’ajoutent la stigmatisation historique liée au métier traditionnel du groupe et l’absence quasi totale de chrétiens au sein même de la communauté, ce qui laisse de nombreux mirasis sans aucun contact personnel avec l’Évangile tout au long de leur vie.
L’affaiblissement de l’ancien système de mécénat a laissé de nombreuses familles mirasis dans une situation de vulnérabilité économique, dépendantes d’occupations instables pour survivre. Surmonter la stigmatisation sociale liée à l’origine du groupe demeure également un défi pour les nouvelles générations.
Sur le plan spirituel, le manque est tout aussi grand : il n’y a pratiquement pas de frères dans la foi, de communauté chrétienne ni de discipulat à la portée du peuple, et les rares qui viendraient à suivre Jésus affronteraient seuls le poids de quitter cette identité et leur famille.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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