Kieran - Flickr, CC BY 2.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Haratines, aussi appelés Maures noirs, forment l’un des grands peuples de la Mauritanie, avec une présence également au Maroc et au Sénégal. Ils descendent d’Africains noirs réduits en esclavage pendant des siècles par les Maures blancs, les Bidhane, et ont ainsi hérité de ces derniers la langue arabe hassaniyya, les coutumes et la foi islamique, tout en restant ethniquement distincts de leurs anciens maîtres.
Cette double origine marque profondément l’identité haratine : ils sont arabes par la culture et la langue, mais noirs par l’ascendance, occupant historiquement la base de la hiérarchie sociale du désert. Aujourd’hui, ils constituent une part importante de la population mauritanienne, vivant aussi bien en ville qu’en zone rurale, entre le Sahara et le Sahel.
Le nom haratine vient d’un mot arabe lié à l’idée de liberté, une référence à leur condition d’affranchis. Pourtant, le peuple porte encore aujourd’hui les marques d’une histoire de servitude qui a profondément façonné sa place dans la société.
L'origine des Haratines remonte à la réduction en esclavage de peuples africains noirs par les Maures blancs qui dominaient les routes du désert du Sahara, un système qui s'est consolidé au fil de siècles de commerce et de conquête dans la région. Au fil du temps, les esclaves et leurs descendants ont adopté la langue hassaniyya, les coutumes et la religion de leurs maîtres, perdant le lien direct avec les langues et traditions africaines d'origine.
L'abolition formelle de l'esclavage est intervenue tardivement et de façon incomplète, et le mot haratine, lié à l'idée de "nouvellement affranchi", est né précisément pour nommer cette nouvelle condition. Même émancipés sur le papier, beaucoup sont restés économiquement dépendants des mêmes familles qui les possédaient auparavant, et cet héritage historique pèse encore sur la position sociale du peuple dans la Mauritanie d'aujourd'hui.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Mauritanie Non atteint
|
94%
|
2.571.000 |
Sénégal Non atteint
|
3,8%
|
104.000 |
Maroc Non atteint
|
2,2%
|
59.000 |
La vie quotidienne des Haratines s’organise autour du travail : élevage pastoral, agriculture de subsistance et services domestiques et informels dans les villes. De nombreuses familles restent liées, par tradition ou par nécessité économique, aux mêmes familles auxquelles elles étaient autrefois assujetties, ce qui limite encore l’accès à la terre, au bétail et à d’autres formes de propriété.
L’hospitalité et le respect envers les aînés occupent une place centrale dans la culture haratine, tout comme la structure de la famille élargie. Le thé sucré, préparé et servi lors de longues tournées, est l’un des plus grands symboles de convivialité sociale, et la table quotidienne réunit généralement mil, riz et couscous, aliments de base du désert et du Sahel.
Les Haratines sont majoritairement musulmans sunnites, ayant hérité de l’islam en même temps que de la langue et des coutumes de leurs anciens maîtres maures. La prière, le jeûne du ramadan et la révérence envers le Coran rythment la vie spirituelle quotidienne et les célébrations communautaires, comme les mariages et les fêtes religieuses, qui réunissent des familles entières autour de prières partagées.
Pour le peuple haratine, la foi islamique est fortement liée à l’identité arabe qu’ils ont adoptée au fil des générations. Suivre l’islam fait, en pratique, partie de l’appartenance à la communauté et d’être reconnu comme arabe, même si l’ascendance ethnique est africaine, et cette combinaison de foi et d’appartenance traverse pratiquement toute la vie religieuse du peuple.
Des portions bibliques et le Nouveau Testament ont déjà été traduits en hassaniyya, la langue arabe parlée par les Haratines, ainsi que des supports audio, vidéo et des applications mobiles. Malgré cela, ces ressources n’atteignent encore que très peu de familles : l’accès à l’éducation est limité chez les Haratines, et rares sont ceux qui ont déjà eu contact avec un enseignement chrétien dans leur propre langue.
Chez les Haratines, être arabe et être musulman vont de pair, si bien qu’embrasser une autre foi est perçu comme une rupture avec l’identité héritée au fil des générations. À cela s’ajoute une discrimination sociale qui persiste même après l’abolition de l’esclavage, laissant de nombreuses familles avec peu d’accès à l’éducation et aux opportunités, ce qui complique encore davantage le contact avec tout message en dehors de l’islam.
L’inégalité héritée de siècles de servitude marque encore la vie de nombreuses familles haratines, confrontées à des difficultés d’accès à la terre, à l’éducation et à des opportunités économiques stables. Il existe un besoin concret de dignité, de reconnaissance sociale et de voies permettant de rompre le cycle de dépendance hérité du passé, afin que les nouvelles générations puissent construire un avenir plus autonome.
Sur le plan spirituel, le peuple manque presque entièrement de toute communauté chrétienne ou de quelqu’un qui puisse partager l’Évangile dans sa propre langue et au sein de sa propre culture.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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