Peuple non atteint Frontière
Les Mubis sont un peuple agriculteur du centre du Tchad, concentré dans la région du Guéra, autour de la ville de Mangalmé, où ils vivent dispersés dans plus d’une centaine de petits villages. Ils parlent une langue tchadique qui leur est propre, transmise de génération en génération, même si beaucoup utilisent aussi l’arabe tchadien pour communiquer avec les voisins d’autres ethnies.
La vie s’organise autour de la terre et des saisons : semer, récolter et prendre soin des troupeaux rythment l’année dans un paysage de savane sèche, souvent traversé par des groupes arabes avec qui ils échangent des marchandises et des services. Cette cohabitation constante avec d’autres peuples a façonné une identité ouverte à l’échange, mais toujours fidèle à ses propres racines et à sa propre langue.
Traditionnellement divisés en trois cantons, les Mubis gardent un fort sentiment d’appartenance au lieu où ils sont nés, et c’est ce lien avec la terre du Guéra qui continue de définir leur identité, malgré les difficultés du climat et l’éloignement des grands centres du pays.
Le peuple mubi trouve ses racines dans la région du Guéra, au centre du Tchad, où il s'est formé comme l'un des nombreux groupes tchadiques ayant peuplé les terres à l'est des monts Abou Telfane et au sud du territoire massalit. Au fil des siècles, la proximité de routes traversées par des Arabes a apporté des échanges commerciaux et des mariages entre ethnies, ce qui a contribué à façonner l'identité actuelle du peuple sans effacer sa langue ni son organisation en trois cantons propres autour de Mangalmé. Ce n'est qu'à partir des années 1960 que l'élevage bovin est venu s'ajouter à l'agriculture de subsistance pratiquée depuis des générations, élargissant les moyens de subsistance des familles mubis.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Tchad Non atteint
|
100%
|
139.000 |
L’agriculture fait vivre la majorité : mil, sorgho, sésame, haricots, coton et arachide sont cultivés sur les terres sèches autour de Mangalmé. Depuis le milieu du vingtième siècle, l’élevage a également pris de l’ampleur, avec des chèvres, des moutons, des ânes et des chevaux, dont la gestion est répartie entre les familles de chaque village, souvent réunis en un troupeau communautaire mené paître dans les lits asséchés des rivières pendant l’hiver.
Les villages, entourés de haies d’épines pour se protéger, s’organisent en trois cantons traditionnels : Mubi Hadaba au nord, Mubi Zarga au sud et Mubi Goz à l’est. Dans les périodes de sécheresse, quand les pluies font défaut, la famine menace les familles, et c’est pourquoi le mariage avec les peuples voisins est courant, tissant des liens qui traversent les frontières ethniques de la région.
Les Mubis sont musulmans sunnites, et la foi islamique est étroitement liée à l’identité même du peuple et à la vie des villages organisés autour de Mangalmé. Ils suivent les piliers traditionnels de l’islam, comme la prière tournée vers La Mecque et le jeûne du Ramadan, mais cette pratique cohabite avec des éléments de religiosité populaire hérités d’avant l’arrivée de l’islam dans la région. Être mubi et être musulman vont de pair dans la manière dont la communauté se reconnaît et se relie à ses voisins.
La cohabitation étroite avec des groupes arabes qui traversent régulièrement leur territoire renforce cette identité religieuse partagée, tout en préservant des coutumes et une langue propres, distinctes des peuples arabes avec qui ils échangent biens et services au quotidien.
Il n’existe aucune trace de traduction de la Bible dans la langue mubi, parlée par des dizaines de milliers de personnes au centre du Tchad. La communication avec d’autres peuples se fait généralement en arabe tchadien, utilisé comme seconde langue par une bonne partie de la population, mais la langue du cœur reste sans aucune portion des Écritures traduite, ce qui rend le message du Christ pratiquement inaccessible à qui ne parle que le mubi et dépend entièrement de traducteurs prêts à ce travail.
Être mubi est profondément lié à l’islam sunnite : la foi fait partie de l’identité du clan et de la terre, et il n’existe à ce jour aucune trace de disciples de Jésus parmi ce peuple. La distance physique, l’isolement de la région du Guéra et l’absence quasi totale de tout témoignage chrétien local signifient que le premier contact avec l’évangile, quand il aura lieu, viendra probablement de l’extérieur.
La dépendance aux pluies fait de la famine une menace récurrente : quand la saison des pluies fait défaut, des familles entières sont confrontées à la pénurie alimentaire. L’accès à l’eau potable est aussi un défi quotidien, les femmes devant souvent parcourir de longues distances pour approvisionner leur foyer, tout comme l’accès à l’énergie et aux soins de santé de base dans les villages les plus éloignés de Mangalmé.
Au-delà de ces manques matériels, le peuple mubi manque de toute communauté chrétienne locale. Il n’y a ni église, ni discipulat, ni témoignage vivant de l’évangile parmi eux, ce qui rend l’arrivée de frères dans la foi, de ressources dans leur propre langue et d’un premier contact avec le message du Christ aussi urgente que le pain quotidien.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
Accéder au Calendrier de PrièreCréez votre compte pour adopter et recevoir des sujets de prière.