Peuple non atteint Frontière
Les Pashtounes Malagori, aussi connus sous le nom de Mullagori, forment un petit sous-groupe pashtoune installé bien au nord du défilé de Khyber, à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Ils vivent surtout dans la région montagneuse qui correspond aujourd’hui au district de Khyber et à des zones voisines de l’Afghanistan, un territoire stratégique qui, pendant des siècles, a relié l’Asie centrale au sous-continent indien.
Bien que numériquement petits face aux grands clans pashtounes, les Malagori conservent une identité propre au sein du vaste mosaïque ethnique de la région, organisés en lignées qui remontent à un ancêtre commun. La vie sur un terrain accidenté, le long de l’une des routes les plus disputées de l’histoire, a façonné un peuple habitué à défendre son territoire et à préserver sa langue et ses coutumes au milieu de voisins puissants.
La tradition attribue l'origine des Malagori à un ancêtre nommé Mulla Ghor, dont le nom, qui unit le mot mulla, chef religieux, à une référence à la région de Ghor, aurait donné son nom au peuple. Ils se sont établis au nord du défilé de Khyber vers l'époque de l'arrivée de l'islam dans le sous-continent, quand la région est devenue un couloir de routes commerciales, guerrières et religieuses entre l'Asie centrale et l'Inde.
Quatre fils de cet ancêtre auraient donné naissance aux principales branches du peuple, une structure de clans qui organise encore la vie communautaire aujourd'hui. Sous la domination britannique, les Malagori se sont fait connaître comme des guerriers habiles et sont allés jusqu'à garnir des postes stratégiques du défilé lors d'affrontements à la frontière nord-ouest.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Pakistan Non atteint
|
83,7%
|
159.000 |
Inde Non atteint
|
16,3%
|
31.000 |
L’économie traditionnelle combine une agriculture de subsistance dans des vallées étroites avec l’exploitation de l’un des plus grands gisements de marbre au monde, présent sur leurs terres natales. La vie communautaire s’organise autour du clan et de la jirga, l’assemblée des anciens qui tranche les différends, arrange les mariages et détermine l’orientation de la communauté selon le code d’honneur pashtoune.
L’hospitalité envers le visiteur et la défense de l’honneur familial demeurent des valeurs centrales, transmises de génération en génération. Beaucoup vivent encore dans des villages de maisons en pierre et en terre, dans des vallées qui servent aussi de passage entre le Pakistan et l’Afghanistan.
Les Malagori sont des musulmans sunnites, et la foi islamique est entrelacée avec l’identité même du peuple : le nom du peuple lui-même rappelle la figure d’un chef religieux, et l’autorité spirituelle a toujours pesé lourd dans l’organisation sociale. Suivre l’islam fait partie intégrante de l’appartenance au peuple et à la terre.
Le code pashtoune d’honneur, d’hospitalité et de vengeance coexiste avec la pratique religieuse, et les décisions de foi passent par l’aval du clan autant que par la mosquée. Abandonner l’islam est perçu non seulement comme une faute personnelle, mais comme une rupture avec la famille et avec des siècles de tradition.
Le pashto a une histoire de traduction biblique qui remonte au début du dix-neuvième siècle, avec un Nouveau Testament déjà publié en 1818. Au fil des décennies suivantes sont parues des révisions et, plus récemment, une Bible complète dans le dialecte yusufzai, le plus parlé parmi les Pashtounes du Pakistan. Malgré cela, chez les Malagori, l’accès réel aux Écritures se heurte à l’isolement géographique, à l’analphabétisme et à la distance entre la langue écrite et le pashto parlé au quotidien.
Chez les Malagori, être pashtoune et être musulman ne font qu’un aux yeux de la communauté, et le nom même du peuple porte une référence religieuse. Tout signe de conversion est perçu comme une trahison envers le clan et la famille, avec un risque réel de rejet et de violence. La localisation en territoire frontalier difficile d’accès, historiquement marqué par les conflits, contribue à isoler le peuple du contact avec d’autres chrétiens et avec des églises établies.
Vivant dans des vallées d’accès difficile à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan, les Malagori font face à des manques criants en infrastructure, en santé et en éducation, aggravés par des décennies d’instabilité dans la région. Il manque aussi une présence de communauté chrétienne : aucune église locale ni discipulat dans la langue et la culture du peuple n’est recensé.
Celui qui, parmi les Malagori, viendra à suivre Jésus aura besoin de protection, d’un accompagnement spirituel et d’une communauté de foi qui comprenne et respecte son identité pashtoune, pour que la foi prenne racine et ne soit pas vécue dans la solitude.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
Accéder au Calendrier de PrièreCréez votre compte pour adopter et recevoir des sujets de prière.