Peuple non atteint Frontière
Les Tagale, aussi appelés arabisés, forment un peuple du massif de Taqali, dans les monts Nouba, au cœur de la région du Kordofan, au centre du Soudan. Ils descendent des anciens peuples nouba de ces hautes terres, mais au fil des siècles ils ont adopté la langue arabe et l’identité islamique de leurs voisins du nord, devenant ainsi un exemple vivant de la rencontre entre l’Afrique nouba et le monde arabo-musulman.
Ils vivent entre les plateaux verdoyants du massif et la savane sèche qui les entoure, un relief qui les a longtemps isolés et protégés des envahisseurs venus des plaines. Ils parlent l’arabe soudanais comme langue du quotidien, et portent avec fierté le souvenir d’un ancien royaume qui a prospéré sur ces mêmes montagnes et qui façonne encore la manière dont ils se perçoivent dans le monde.
Les racines des Tagale remontent aux peuples nouba qui habitaient le massif de Taqali bien avant l'arrivée de l'islam dans la région. Selon la tradition orale, un royaume y est né vers le XVIe siècle, protégé par un relief accidenté qui rendait difficile toute invasion venue des plaines voisines.
Pendant plus d'un siècle, ce royaume a conservé son autonomie, jusqu'à sa conquête par les mahdistes en 1884, puis, quelques années plus tard, son passage sous domination britannique. La monarchie a perdu son pouvoir administratif en 1969, mais le titre traditionnel de son chef est encore rappelé avec respect. C'est au cours de ce long processus historique que le peuple nouba du massif a adopté la langue arabe et la foi islamique des peuples du nord, donnant naissance à l'identité arabisée d'aujourd'hui.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Soudan Non atteint
|
100%
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130.000 |
La vie s’organise autour de la terre : sorgho, mil, pastèque, sésame et coton sont cultivés sur les versants fertiles du massif, tandis que chèvres, moutons et bovins sont élevés aux alentours. Ceux qui mènent une vie plus mobile montent des abris légers en forme de dôme, couverts d’herbe, tandis que les familles plus sédentaires construisent des maisons rondes en terre au toit de chaume.
L’honneur de la famille et les liens de parenté façonnent presque toutes les décisions importantes, du mariage à la résolution des conflits. Naissance, mariage, mort et circoncision masculine sont marqués par des cérémonies qui rassemblent toute la communauté, et il n’est pas rare qu’un homme entretienne plusieurs épouses, selon la coutume islamique.
Presque tous les Tagale se déclarent aujourd’hui musulmans sunnites, suivant les cinq piliers de la foi islamique comme repère central de la vie communautaire et de l’éducation des enfants. Être arabisé et être musulman vont de pair : la religion est aussi un sceau d’appartenance à un monde culturel plus vaste, distinct des racines nouba d’origine.
À côté de la pratique islamique, cependant, survit une spiritualité pragmatique héritée des ancêtres : amulettes et protections sont utilisées avec naturel aux côtés des prières rituelles, signe que la foi ancienne des montagnes n’a jamais totalement disparu, mais s’est simplement entrelacée avec l’islam venu de l’extérieur au fil des générations.
La langue des Tagale est l’arabe soudanais, pour laquelle il existe déjà des portions bibliques depuis la première moitié du XXe siècle ainsi qu’un Nouveau Testament complet. Des enregistrements audio et un film sur la vie de Jésus dans cette langue circulent également. Malgré cela, dans l’isolement du massif de Taqali, ces ressources parviennent rarement aux familles, et la plupart des Tagale n’ont jamais entendu un verset de la Bible dans leur propre langue.
Chez les Tagale, être arabisé et être musulman sont devenus pratiquement une seule et même chose, si bien qu’embrasser une autre foi revient à abandonner sa propre identité. À cela s’ajoutent le relief isolé du massif de Taqali, l’éloignement des grands centres et l’instabilité qui traverse le centre du Soudan, autant de facteurs qui rendent rare tout contact avec un chrétien et pratiquement inexistante une église locale.
L’instabilité qui touche le centre du Soudan et la dépendance à des pluies régulières pour le sorgho, le mil et les autres cultures rendent ce peuple vulnérable à la famine et au déplacement en temps de conflit ou de sécheresse. Il existe un besoin concret de paix durable et de sécurité pour les familles et les troupeaux.
Sur le plan spirituel, presque tout manque : il n’existe aucune communauté chrétienne connue parmi les Tagale, ni d’Écriture accessible dans la vie quotidienne. Quiconque viendrait à croire en Jésus trouverait peu de frères autour de lui et devrait faire preuve de courage pour tenir sa foi seul.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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