Peuple non atteint Frontière
Les tawaifs musulmanes sont des artistes traditionnelles d’Asie du Sud, connues pour maîtriser la musique et la danse classiques transmises de génération en génération au sein de leurs propres familles. Elles vivent principalement dans l’État indien de l’Uttar Pradesh et dans les provinces pakistanaises du Pendjab et du Sind, où la profession de courtisane et d’artiste a conservé, au fil des siècles, une place ambiguë entre prestige culturel et stigmate social.
Contrairement aux tawaifs hindoues, plus connues et documentées, les tawaifs de tradition musulmane demeurent peu visibles, tant pour les chercheurs que pour la société en général. Leur identité combine le raffinement artistique hérité d’une longue tradition de cour avec la foi islamique, vécue comme n’importe quel autre musulman de la région.
Elles forment un peuple petit et discret, dont la réalité quotidienne apparaît rarement hors des cercles artistiques et des communautés où elles vivent, ce qui en fait aussi l’un des groupes les moins atteints par le message de l’Évangile dans le sous-continent indien.
La tradition des tawaifs remonte à des siècles avant l'ère moghole, avec des racines chez les artistes de cour du théâtre classique de l'Inde ancienne. C'est toutefois pendant la période moghole que la profession a fleuri et gagné en prestige : les cours royales et les nobles finançaient la formation de ces femmes en musique, en danse kathak, en poésie et en étiquette raffinée, et beaucoup sont devenues des figures centrales de la culture urbaine dans le nord de l'Inde.
La colonisation britannique a marqué le déclin de cette époque. Privées du soutien des cours et des nobles, de nombreuses tawaifs ont perdu leurs moyens de subsistance et leur statut, et la moralité victorienne de l'époque en est venue à traiter leur art comme une simple prostitution. Ce stigmate colonial marque encore aujourd'hui le regard porté sur ce peuple, tant en Inde qu'au Pakistan.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Inde Non atteint
|
88,1%
|
119.000 |
Pakistan Non atteint
|
11,9%
|
16.000 |
La vie des tawaifs gravite autour de la musique et de la danse, des arts transmis de génération en génération au sein de familles et de communautés fermées. Historiquement, cette formation comprenait le chant classique, la danse kathak, la poésie en ourdou et un raffinement d’étiquette qui en faisait des figures centrales de la culture de cour dans le nord de l’Inde et dans des régions de l’actuel Pakistan.
Aujourd’hui, la réalité est bien plus modeste : beaucoup se produisent lors de mariages, de fêtes et d’occasions locales, faisant vivre des familles entières grâce à leurs gains d’artistes. La vie sociale se concentre dans des quartiers et des communautés spécifiques, où le métier se transmet de mère en fille et où le jugement extérieur pèse plus lourd que la reconnaissance de leur art.
Les tawaifs musulmanes suivent l’islam comme tout autre musulman d’Asie du Sud : elles croient en Allah comme Dieu souverain, qui a parlé à Mahomet et lui a révélé le Coran, son livre sacré. La foi islamique se mêle toutefois à des croyances et pratiques populaires courantes dans la région, avec des éléments proches de traditions hindoues locales et de coutumes de l’environnement environnant, signe de la façon dont l’islam du sous-continent a absorbé des influences au fil des siècles.
À cause du stigmate qui entoure leur profession, de nombreuses tawaifs vivent leur foi de manière plus discrète, évitant toute exposition religieuse publique tout comme elles évitent d’exposer leur propre histoire de vie.
Aussi bien l’hindi, parlé par les tawaifs d’Inde, que le sindhi, parlé par celles du Pakistan, disposent de la Bible complète depuis des décennies, y compris des éditions audio et des formats numériques largement disponibles. La limite ne se situe pas dans la traduction, mais dans l’accès réel : peu de tawaifs auraient un contact direct avec les Écritures ou avec quelqu’un disposé à les lire avec elles, étant donné l’isolement social dans lequel elles vivent.
Être tawaif signifie porter deux stigmates à la fois : celui de la profession, historiquement vue comme impure même lorsqu’elle est liée aux arts, et celui de l’identité musulmane, qui pèse déjà sur toute conversion. Quitter l’islam est perçu comme une trahison envers la famille et la communauté, et l’isolement social qui entoure déjà les tawaifs rend encore plus difficile pour quelqu’un de l’extérieur de les approcher avec respect et sans jugement. La honte héritée de la profession pousse beaucoup d’entre elles à éviter toute exposition publique, y compris religieuse.
Les tawaifs musulmanes ont besoin, avant tout, de dignité : d’être vues au-delà du stigmate historique qui réduit leur art et leur existence à un seul récit de honte. Beaucoup font face à la pauvreté, à la dépendance financière envers des mécènes et au manque d’alternatives de subsistance en dehors de leur propre tradition familiale.
Sur le plan spirituel, elles ont besoin de quelqu’un disposé à s’approcher sans jugement, capable de reconnaître leur humanité et leur art, et de présenter l’Évangile d’une manière qui parle à leur réalité spécifique, si différente de celle des autres communautés musulmanes de la région.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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