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Rod Waddington - Flickr, CC BY-SA 2.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Tigrés sont un peuple pastoral de la Corne de l’Afrique, concentré dans les basses terres et le nord montagneux de l’Érythrée, avec des familles également au Soudan et de petites communautés dispersées dans d’autres pays. Ils parlent le tigré, une langue sémitique proche de l’ancien guèze, et forment le deuxième peuple d’Érythrée par sa taille.
L’identité tigré naît de la vie dans les plaines arides et de l’élevage, mais aussi d’une organisation sociale marquée par des clans et des lignées distinctes, comme les beni-amer, beit asgede et mensa, qui préservent des coutumes et des loyautés propres au sein d’un même peuple. Cette structure clanique, plus que les frontières nationales, est encore ce qui définit l’appartenance tigré.
Leur langue s’écrit à la fois en caractères arabes et en écriture guèze, reflétant la division historique du peuple entre traditions islamiques et chrétiennes. Aujourd’hui, la grande majorité s’identifie à l’islam, et la vie quotidienne suit de près le rythme du désert et des saisons des pluies.
La formation du peuple tigré remonte à des siècles d'occupation des basses terres du nord de l'actuelle Érythrée, région de passage entre la mer Rouge et le plateau éthiopien, où des groupes sémitiques se sont installés et ont développé une langue et une culture propres, apparentées à l'ancien guèze liturgique. Le besoin d'eau et de pâturages a conduit une partie du peuple à se déplacer également vers le nord est du Soudan, où il vit encore aujourd'hui.
Au dix-neuvième siècle, la majeure partie des Tigrés s'est convertie à l'islam, un tournant qui a redessiné leur identité religieuse et les a éloignés de leurs voisins chrétiens de la région. L'histoire du peuple porte aussi une organisation sociale hiérarchique ancienne, avec des clans de statuts distincts, dont les traces influencent encore les relations internes aujourd'hui.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Érythrée Non atteint
|
77,5%
|
738.000 |
Soudan Non atteint
|
13,9%
|
132.000 |
Norvège Non atteint
|
3,3%
|
31.000 |
Égypte Non atteint
|
2,2%
|
21.000 |
Royaume-Uni Non atteint
|
1,6%
|
15.000 |
Canada Non atteint
|
1,3%
|
12.000 |
Pays-Bas Non atteint
|
0,4%
|
3.500 |
Traditionnellement pasteurs nomades, les Tigrés élèvent des chameaux, des chèvres, des moutons et des bovins, se déplaçant dans les basses terres à la recherche d’eau et de pâturages selon la saison de l’année. La vie s’organise autour du troupeau, et la mobilité constante façonne encore les habitudes, l’habitat et les relations familiales dans une grande partie des communautés.
La société tigré s’organise en clans et en lignées, qui régulent les alliances, la résolution des conflits et les obligations mutuelles au sein de la communauté. L’hospitalité envers le voyageur et la loyauté envers le clan demeurent des valeurs centrales, et la vie en famille élargie offre le réseau de soutien le plus important dans un environnement aux ressources naturelles rares.
La quasi totalité des Tigrés professe l’islam sunnite, adopté par le peuple majoritairement au cours du dix-neuvième siècle et aujourd’hui profondément lié à l’identité tigré. Être tigré et être musulman sont devenus, dans la pratique, presque synonymes, et la foi façonne la prière, le jeûne et les principales célébrations du calendrier communautaire.
Aux côtés de la pratique islamique formelle, subsistent des croyances populaires plus anciennes, comme la crainte de l’esprit zar, considéré responsable de maladies, d’accidents et de malheurs, et traité au moyen de rituels menés par des guérisseurs locaux. Les sacrifices d’animaux dans les moments d’affliction font également partie de cette couche de foi qui se mêle à l’islam quotidien, surtout dans les communautés les plus isolées de l’intérieur.
La langue tigré s’écrit à la fois en caractères arabes, plus courants parmi les musulmans, et en écriture guèze, liée à la minorité chrétienne et au gouvernement érythréen. Cette division reflète l’histoire même du peuple, partagé depuis des siècles entre traditions islamiques et chrétiennes. La Bible complète a déjà été traduite en tigré, le Nouveau Testament ayant été publié dès le début du vingtième siècle. Il existe aujourd’hui aussi des enregistrements audio et une version du film Jésus en langue tigré, des ressources importantes pour un peuple où l’oralité pèse encore plus que le texte écrit.
Chez les Tigrés, professer l’islam fait partie indissociable de l’appartenance au peuple et au clan : abandonner la foi est perçu comme une rupture avec sa propre famille et sa communauté. À cela s’ajoutent le mode de vie nomade, qui rend difficile toute présence constante d’église ou de communauté chrétienne, et la dispersion du peuple entre l’Érythrée, le Soudan et de petites communautés à l’étranger, ce qui fragmente encore davantage tout témoignage chrétien qui pourrait émerger.
La vie dans les terres arides où vit la majorité des Tigrés impose des défis constants d’eau, de pâturage et de subsistance, aggravés par les cycles de sécheresse qui frappent la Corne de l’Afrique. La mobilité constante rend également difficile l’accès régulier à l’éducation et aux services de santé de base.
Sur le plan spirituel, il manque au peuple tigré pratiquement toute communauté chrétienne locale capable d’accueillir celui qui déciderait de suivre Jésus. Celui qui viendrait à croire trouverait aujourd’hui très peu de soutien d’autres croyants tigrés pour cheminer dans la foi.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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