Zaghawa Bour - Wikimedia, CC BY-SA 4.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Zaghawa arabisés descendent du peuple zaghawa, traditionnellement lié à la culture africaine du Sahara et du Sahel, qui au fil des générations a adopté la langue arabe et le mode de vie associé à la culture arabe du nord du Soudan. Ils vivent principalement dans la région nord du pays, dans un processus qui dure déjà depuis des siècles et qui sépare cette branche arabisée de leurs proches qui conservent la langue et les coutumes zaghawa les plus traditionnelles.
Au Soudan, être reconnu comme arabe a un poids social, politique et économique : cela ouvre la voie à des postes, des affaires et un prestige qui restent plus difficiles d’accès pour ceux perçus comme africains. Cette réalité pousse des familles zaghawa, parmi d’autres peuples du pays, à laisser derrière elles la langue et les habitudes héritées pour se présenter comme arabes.
Le résultat est un peuple en transition d’identité, qui porte l’héritage zaghawa dans son origine familiale mais vit, parle et se reconnaît de plus en plus dans la culture arabe soudanaise.
L'arabisation des peuples africains du Soudan a commencé vers le quatorzième siècle et s'est intensifiée au cours des siècles suivants, à mesure que des commerçants, des clans et des chefs religieux d'origine arabe se répandaient sur le territoire et que leur langue et leur culture gagnaient en prestige. Le pays s'est ainsi formé comme une rencontre, pas toujours pacifique, entre la culture arabe du nord et la culture africaine subsaharienne du sud et de l'ouest.
Au cours de ce processus, des branches entières de peuples historiquement africains, parmi lesquels les Zaghawa, ont appris l'arabe, adopté des coutumes arabes et se sont présentées comme arabes, abandonnant peu à peu la langue et l'identité zaghawa d'origine. Cette pression reste vive aujourd'hui, soutenue par les avantages sociaux et politiques d'être reconnu comme arabe dans un Soudan où cette identité domine le pouvoir.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Soudan Non atteint
|
100%
|
176.000 |
Concentrés principalement dans le nord du Soudan, de nombreux Zaghawa arabisés conservent le trait pastoral de leur origine, élevant du bétail et de petits troupeaux, bien qu’ils rapprochent de plus en plus leur mode de vie du modèle urbain et commercial associé à la culture arabe dominante. La langue parlée à la maison, l’habillement et les coutumes quotidiennes s’ajustent progressivement au modèle arabe, dans un processus graduel qui traverse les générations.
Ce rapprochement culturel ouvre aussi des portes : circuler en tant qu’arabe facilite les affaires, les études et l’accès à des espaces de pouvoir qui restent moins accessibles à ceux identifiés comme africains. L’honneur de la famille et le réseau de parenté demeurent centraux dans la vie sociale, même avec ce changement de repères culturels.
La quasi-totalité des Zaghawa arabisés professe l’islam sunnite, et cette foi va de pair avec l’identité arabe qu’ils ont adoptée. Devenir plus arabe et devenir plus fervemment musulman vont de pair dans ce processus, se renforçant mutuellement comme marques d’appartenance à la culture dominante du pays.
La pratique religieuse est étroitement liée à la vie de famille et à la position sociale : suivre l’islam sunnite tel qu’il est vécu dans le nord du Soudan fait partie de ce que signifie, aujourd’hui, cesser d’être perçu comme africain pour être vu comme arabe.
Ayant adopté l’arabe soudanais au quotidien, les Zaghawa arabisés ont accès au Coran et à la littérature religieuse dans leur propre langue d’usage, ce qui renforce l’identité islamique. Des efforts de traduction des Écritures dans la langue zaghawa d’origine existent déjà, encore en cours, mais pour ceux qui vivent et pensent désormais en arabe, ce matériel arrive comme quelque chose de lointain, lié à un passé que la communauté est en train de laisser derrière elle.
Pour les Zaghawa arabisés, être arabe et être musulman sont devenus pratiquement une seule et même chose : renoncer à l’islam reviendrait à renoncer à leur identité nouvellement acquise et à la place qu’elle garantit dans la société soudanaise. Cette fusion entre religion et statut social ferme le cœur avant même qu’un message n’arrive, et le thème de l’évangile est reçu comme une menace pour la position que la famille a mis des générations à atteindre.
Vivant entre deux identités, les Zaghawa arabisés affrontent la tension d’abandonner des héritages familiaux pour s’ajuster à une nouvelle place sociale, souvent sans que cette transition ne résolve complètement les inégalités qu’ils cherchaient à surmonter. Des familles entières traversent ce changement de langue et de coutumes tout en essayant de maintenir des liens avec des proches qui préservent la tradition zaghawa.
Il manque encore toute communauté chrétienne visible parmi eux et tout témoignage dans la langue et la culture qu’ils ont aujourd’hui adoptées comme les leurs. Ils ont besoin de personnes qui s’approchent avec respect, comprenant à la fois l’héritage africain et l’identité arabe qu’ils revendiquent aujourd’hui, sans juger ce parcours identitaire que beaucoup vivent encore en silence.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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