Michée a prophétisé à une époque de grande inégalité en Juda, quand des hommes puissants s’emparaient des champs et des maisons des petits agriculteurs sans que personne ne les arrête.
Contemporain d’Ésaïe, il venait de Moréshet-Gath, une petite ville de province, et voyait donc de près la souffrance causée par la cupidité des dirigeants de la capitale.
Le livre annonce un jugement sévère sur Samarie et Jérusalem, les deux capitales du peuple de Dieu, corrompues par l’idolâtrie et l’injustice sociale.
Les prêtres vendaient leurs instructions, les prophètes faisaient payer leurs visions et les juges acceptaient des pots-de-vin, tout cela au nom de la religion.
Mais Michée ne termine pas le livre uniquement par la condamnation. Au cœur de la dénonciation, il révèle un Dieu qui discipline pour restaurer, non pour détruire.
La prophétie la plus connue du livre désigne Bethléem-Éphrata, petite ville parmi les clans de Juda, d’où sortirait un chef dont les origines remontent au passé éternel. Des siècles plus tard, cette parole guiderait des prêtres et des mages jusqu’au lieu exact de la naissance de Jésus.
Le livre renferme également l’un des résumés les plus connus de toute la Bible sur ce que Dieu désire réellement : pratiquer la justice, aimer la fidélité et marcher humblement avec lui, bien plus précieux que n’importe quel sacrifice rituel.
À la fin, Michée fait un jeu de mots avec son propre nom, qui signifie qui est semblable à l’Éternel, pour chanter un Dieu qui pardonne l’iniquité et jette les péchés au fond de la mer.
Que la lecture de ce petit livre éveille à la fois la crainte devant la justice de Dieu et la confiance en sa compassion, qui ne se lasse jamais de pardonner.