Combien de fois quelqu’un cède-t-il, peu à peu, ses convictions à cause d’une personne qu’il aime ? Un mariage, une amitié ou une association peuvent, sans qu’on s’en rende compte, entraîner quelqu’un vers des choix que sa propre conscience aurait auparavant réprouvés. La vie d’Achab est le portrait biblique de ce processus : un roi qui s’est laissé conduire jusqu’à se perdre lui-même.
Achab fut le septième roi du royaume du nord, Israël, fils d’Omri et son successeur sur le trône à Samarie, où il régna vingt-deux ans (1 Rois 16:28-29). Il épousa Jézabel, princesse de Sidon, et cette alliance allait marquer toute son histoire (1 Rois 16:31).
Sous l’influence de son épouse, Achab construisit un temple et un autel pour Baal à Samarie, et les Écritures rapportent qu’il fit plus de mal que tous les rois qui l’avaient précédé (1 Rois 16:30-33). C’est contre cette idolâtrie que Dieu suscita le prophète Élie, qui annonça des années de sécheresse comme jugement sur la nation (1 Rois 17:1).
La confrontation atteignit son point culminant sur le mont Carmel, où Élie défia les prophètes de Baal devant tout le peuple, et le feu qui descendit du ciel prouva qui était le vrai Dieu (1 Rois 18:20-39). Même devant ce signe, Achab n’abandonna pas les chemins que son idolâtrie avait déjà ouverts dans son règne.
L’épisode le plus sombre survint lorsqu’Achab désira la vigne de Naboth et que, devant le refus de l’homme de la vendre, il se tut tandis que Jézabel préparait sa mort pour lui remettre la terre (1 Rois 21:1-16). Élie annonça le jugement sur la maison d’Achab, et le roi, en entendant la sentence, s’humilia et jeûna, ce qui conduisit Dieu à différer une partie du châtiment (1 Rois 21:27-29).
Des années plus tard, ignorant l’avertissement du prophète Michée, Achab partit en guerre contre la Syrie déguisé en simple soldat, cherchant peut-être à échapper à ce qui avait été prédit. Une flèche l’atteignit, et il mourut sur le champ de bataille, accomplissant exactement la parole qu’il avait refusé d’écouter (1 Rois 22:29-37).
L’histoire d’Achab rappelle que personne ne tombe d’un seul coup : chaque petite concession ouvre la voie à la suivante, jusqu’à ce que la conscience s’habitue au mal. Elle montre aussi que Dieu est patient même envers celui qui s’éloigne beaucoup, mais qu’il ne cesse jamais d’être juste face au mal commis, même dans le silence.