Benjamin Breckinridge Warfield naquit le 5 novembre 1851, dans une propriété près de Lexington, dans le Kentucky, au sein d’une famille influente et attachée à l’Église presbytérienne. Il montra très tôt un talent hors du commun pour les études, ce qui le conduisit à Princeton dès l’adolescence.
Il obtint son diplôme de l’université de Princeton en 1871, à seulement dix-neuf ans et avec les plus grands honneurs de sa promotion. Il étudia au séminaire de Princeton entre 1873 et 1876 et, peu après avoir terminé ses études, passa environ deux ans à étudier auprès de maîtres théologiens à Leipzig, en Allemagne, où il fut directement confronté à la critique biblique qu’il combattrait plus tard.
Il épousa Annie Kinkead le 3 août 1876, à Lexington, dans le Kentucky, et partit peu après avec son épouse pour l’Allemagne, où il poursuivit ses études. Lors d’une randonnée dans les montagnes du Harz, le couple fut surpris par une violente tempête qui laissa à Annie des séquelles nerveuses durables. Elle vécut une grande partie de sa vie adulte en invalide, et Warfield prit soin d’elle jusqu’à la mort de son épouse, en 1915.
Ordonné pasteur presbytérien en 1879, il enseigna le Nouveau Testament au Western Theological Seminary, en Pennsylvanie, où il était déjà instructeur depuis 1878. En 1887, il occupa la chaire Charles Hodge à Princeton, consacrée à la théologie didactique et polémique, poste qu’il conserva jusqu’à la fin de sa vie.
En 1881, il publia, avec A. A. Hodge, l’article Inspiration, qui contribua à formuler la doctrine moderne de l’inerrance biblique. Tout au long de sa carrière, il insista sur le fait que l’Écriture est theopneustos, littéralement inspirée par le souffle de Dieu, et donc digne de confiance en tout ce qu’elle affirme.
Il fut aussi un polémiste fervent : il devint l’un des principaux opposants théologiques du professeur Charles Briggs, cible déclarée de ses critiques sur l’inspiration biblique. Briggs fut finalement condamné pour hérésie par l’Assemblée générale en 1893, un épisode qui révèle le côté le plus combatif de Warfield, prêt à des affrontements institutionnels rudes pour défendre ses convictions.
Il écrivit contre la ségrégation raciale au sein des Églises presbytériennes américaines, défendant la dignité des frères noirs dans la foi. Pourtant, ses écrits sur la race portaient le paternalisme commun aux hommes blancs du sud des États-Unis de sa génération, une limite reconnue aujourd’hui par les historiens.
Il mourut à Princeton le 16 février 1921, huit ans avant la réorganisation du séminaire qui conduirait à la fondation du Westminster Theological Seminary. Ses livres sur l’inspiration, les miracles et le salut restent imprimés et forment encore aujourd’hui des pasteurs et des missionnaires.