Vous avez peut-être déjà ressenti la pression d’abandonner qui vous êtes pour vous adapter à un nouvel endroit : un emploi, une école, une ville étrangère où presque personne ne partage votre foi. Daniel a vécu cette pression multipliée, encore adolescent, arraché à Juda et emmené au cœur de l’empire le plus puissant du monde.
Il fut l’un des jeunes nobles déportés par Nabuchodonosor pour servir à la cour babylonienne, formé pour oublier ses origines et même renommé du nom d’un dieu étranger, Beltschatsar (Daniel 1:1-7). Mais, dès le début, Daniel décida de ne pas se rendre impur avec la nourriture de la table du roi, un geste modeste qui révélait une fidélité plus grande (Daniel 1:8-16).
Cette fidélité a soutenu des décennies de service au milieu d’empires qui se succédaient. Il interpréta le rêve de la statue de Nabuchodonosor, révélant le plan de Dieu sur les royaumes à venir (Daniel 2), puis, des années plus tard, il lut la mystérieuse inscription sur le mur du palais de Belshatsar, annonçant la chute de l’empire babylonien lui-même (Daniel 5:25-28).
Déjà sous le nouveau gouvernement perse, des officiers jaloux de son prestige obtinrent du roi un décret qui faisait de la prière de Daniel un crime, sachant qu’il continuerait à prier malgré tout (Daniel 6:4-10). Jeté dans la fosse aux lions, il en sortit indemne et expliqua pourquoi : Dieu avait envoyé son ange et fermé la gueule des lions (Daniel 6:22).
Dans les derniers chapitres du livre, déjà âgé, le prophète reçoit des visions qui regardent au-delà de sa propre époque, sur des empires à venir et sur la fin des temps, signe que sa fidélité a toujours été liée à quelque chose de plus grand que sa propre survie (Daniel 7-12).
La vie de Daniel montre qu’il est possible de rester fidèle même sans maîtriser le contexte qui nous entoure : le lieu où l’on vit, le gouvernement qui dirige, la langue que l’on parle. Il n’a pas vaincu des empires par la force : il a vaincu par une constance silencieuse, maintenue en public comme en privé, devant des rois différents, génération après génération.