1650-1680

Professeur · Pasteur · Hymnographe

Joachim Neander

Résumé
Professeur et pasteur réformé allemand, auteur de « Loue le Seigneur, le Puissant Roi de gloire ». Considéré comme le plus brillant hymnographe de l'Église réformée allemande du XVIIe siècle, il a laissé des cantiques encore chantés aujourd'hui dans des dizaines de langues.
Portrait
Biographie

Peu de cantiques ont traversé autant de siècles et de langues que « Loue le Seigneur, le Puissant Roi de gloire ». Derrière lui se trouve un jeune Allemand qui, selon les récits de son époque, entra dans une église presque pour se moquer du prédicateur et en ressortit transformé.

Joachim Neander naquit à Brême en 1650, fils d’un professeur de latin. Le nom de famille, à l’origine Neumann, avait été changé par son grand-père en la forme grecque Neander, une mode courante chez les érudits de l’époque.

Il étudia la théologie à Brême entre 1666 et 1670, sans grande conviction personnelle, jusqu’à entendre une prédication du pasteur Theodor Undereyk qui le marqua profondément. Dès lors, il se mit à rechercher la foi avec une gravité croissante.

Entre 1671 et 1673, il travailla comme précepteur pour de jeunes gens de familles aisées, d’abord à Heidelberg puis à Francfort. Durant cette période à Francfort, il participa à des réunions de prière dirigées par Philipp Jakob Spener et Johann Jakob Schütz, des noms qui deviendraient des références du mouvement piétiste allemand.

En 1674, il devint recteur de l’école latine réformée de Düsseldorf, une charge qui unissait l’enseignement et la prédication. Les années suivantes, il prit l’habitude de se retirer fréquemment dans la vallée de la Düssel, parmi les rochers et les grottes, où il écrivait et chantait ses cantiques.

Son zèle personnel le conduisit toutefois à des excès : il organisa des réunions de prière parallèles à celles de l’église, s’écarta de la Cène en jugeant indignes les autres membres, et modifia seul le calendrier scolaire. Le conseil de l’église de Düsseldorf le releva de ses fonctions en 1676 et lui interdit de prêcher, jusqu’à ce qu’il signe une rétractation publique en février 1677.

Réhabilité, Neander partit en 1679 pour Brême comme pasteur auxiliaire de l’église Saint-Martin, ville où il avait étudié dans sa jeunesse. Il n’y vécut cependant que peu de temps : il mourut de la tuberculose le 31 mai 1680, à l’âge de trente ans.

La même année parut son recueil de cantiques, réunissant environ soixante compositions, beaucoup avec leur propre mélodie. Parmi elles figure « Lobe den Herren », inspiré des Psaumes 103 et 150, connu aujourd’hui en français sous le titre « Loue le Seigneur, le Puissant Roi de gloire ».

La vallée où il marchait et priait reçut plus tard son nom, le Néandertal, et c’est là que, des siècles plus tard, furent découverts les fossiles de l’homme de Néandertal. Au-delà de cette curiosité, son héritage demeure vivant chaque fois qu’une congrégation, dans quelque langue que ce soit, entonne son appel à bénir le Seigneur de toute son âme.

Chronologie
1650

Naissance à Brême

Fils d'un professeur de latin ; la famille avait hellénisé le nom de famille Neumann en Neander.

1666

Début des études de théologie

Il entre à l'université de Brême, où il étudie jusqu'en 1670.

1670

Prédication décisive

Sous la prédication du pasteur Theodor Undereyk, il approfondit sa quête spirituelle.

1671

Précepteur à Heidelberg et à Francfort

Il devient précepteur de jeunes étudiants et, à Francfort, participe à des réunions de prière dirigées par Philipp Jakob Spener, future référence du piétisme allemand.

1674

Recteur de l'école latine de Düsseldorf

Il prend la direction du collège réformé de la ville.

1676

Suspension de ses fonctions

Le conseil de l'église le suspend pour zèle excessif et pratiques séparatistes.

1677

Rétractation publique

Il signe une confession condamnant le schisme labadiste et reconnaissant l'autorité de l'église.

1679

Pasteur à Brême

Il devient pasteur auxiliaire de l'église Saint-Martin.

1680

Publication des cantiques et mort

Son recueil de cantiques est publié à Brême ; il meurt de la tuberculose le 31 mai, à l'âge de trente ans.

Œuvres et jalons

Rectorat de l'école latine de Düsseldorf

1674

Il prit la direction de l'école latine réformée de la ville, unissant l'enseignement des langues classiques à la formation spirituelle des élèves.

Retraite dans la vallée de la Düssel

1674-1679

Il prit l'habitude de se retirer dans la vallée aux abords de la rivière Düssel, parmi les rochers et les grottes, où il composa une bonne partie de ses cantiques et mélodies.

Lobe den Herren, den mächtigen König der Ehren

vers 1679

Son cantique le plus connu, inspiré des Psaumes 103 et 150, devint l'un des chants de louange les plus répandus de l'histoire de l'Église.

A und Ω, Glaub- und Liebesübung

1680

Recueil d'environ soixante cantiques, publié à Brême peu après sa mort, dont beaucoup avec une mélodie composée par l'auteur lui-même.

Pastorat à Saint-Martin, Brême

1679

Il devint pasteur auxiliaire dans l'église où il avait étudié dans sa jeunesse, après des années de conflit avec le conseil ecclésiastique de Düsseldorf.

Contributions
1

Hymnaire réformé allemand

Il composa environ soixante cantiques, beaucoup avec leur propre mélodie, élevant le niveau poétique et musical du chant congrégationnel réformé.

2

Loue le Seigneur, le Puissant Roi de gloire

Son cantique le plus diffusé a traversé les langues et les dénominations et demeure parmi les chants de louange les plus interprétés au monde.

3

Pont entre piétisme et église réformée

À Francfort, il pria même aux côtés de Philipp Jakob Spener ; sa quête d'une foi personnelle vivante, même lorsqu'elle le conduisit à des excès, contribua à préparer le terrain pour le mouvement piétiste qui allait fleurir peu après lui.

4

Un nom passé à la science

La vallée où il se retirait pour prier et composer donna son nom au Néandertal, liant pour toujours sa mémoire à un jalon de l'histoire naturelle.

Héritage missionnaire

Les cantiques qu'il a écrits pour fortifier la foi de sa propre congrégation sont aujourd'hui chantés par des églises dans des dizaines de pays et de langues, unissant des chrétiens de traditions différentes dans une même louange.

Son exemple de retraite pour la prière et la composition inspire encore aujourd'hui des responsables et des musiciens chrétiens à rechercher des temps de silence avant de servir publiquement.

La tension qu'il a vécue entre ferveur personnelle et vie communautaire demeure un avertissement utile pour les mouvements de renouveau spirituel au sein des églises.

Son cantique le plus connu continue d'être traduit et adapté par des églises en contexte missionnaire, servant de pont culturel pour l'adoration chrétienne à travers le monde.

Autres personnes