Chacun porte, un jour ou l’autre, une étiquette qu’il n’a pas choisie : l’enfant du divorce, le problème de la classe, un nom que la famille a décidé avant même qu’il ait eu la possibilité de choisir. Peu d’histoires bibliques rendent cela aussi concret que celle de Lo-Ammi, un enfant dont le nom lui-même était une sentence.
Il est né au sein d’un mariage qui était déjà, en soi, un message de Dieu. Le Seigneur avait ordonné au prophète Osée d’épouser Gomer, une femme marquée par l’infidélité, portrait vivant de la manière dont Israël traitait son alliance avec Dieu (Osée 1:2-3).
De ce mariage naquirent trois enfants, et chaque nom était un message public. Le premier, Jizréel, annonçait la fin du royaume. La seconde, Lo-Rouhama, « non aimée », annonçait que Dieu retirait sa compassion. Quand naquit le troisième enfant, Dieu ordonna : « Donne-lui le nom de Lo-Ammi, car vous n’êtes pas mon peuple, et moi, je ne suis pas votre Dieu » (Osée 1:9).
Imaginez grandir en entendant ce nom chaque jour. Chaque fois que quelqu’un l’appelait, Israël se souvenait que l’alliance était rompue à cause de l’idolâtrie. Lo-Ammi n’a pas choisi de porter cette sentence ; il est né en elle.
L’histoire, cependant, ne s’arrête pas au jugement. Dans le même chapitre, Dieu promettait déjà le contraire : les Israélites seraient innombrables comme le sable de la mer, et là où on disait « vous n’êtes pas mon peuple », on les appellerait « fils du Dieu vivant » (Osée 1:10).
Plus loin, la promesse se répète, adressée directement à lui : « Je dirai à celui qu’on appelait Pas mon peuple : tu es mon peuple ; et lui dira : tu es mon Dieu » (Osée 2:23). L’apôtre Paul reprendrait exactement ces mots, des siècles plus tard, pour expliquer comment Dieu appelle à lui des personnes qui n’avaient jamais été son peuple (Romains 9:25-26).
Si vous avez déjà porté une étiquette posée par d’autres, ou une histoire familiale qui semblait décider de votre destin, Lo-Ammi révèle quelque chose d’essentiel sur Dieu : il prononce le jugement sans atténuer le péché, mais dans le même souffle, il prépare déjà le retournement. Aucune sentence d’exclusion n’est le dernier mot de Dieu sur celui qu’il décide d’appeler sien.