1901-1944

Évangéliste · Réveilliste

Song Shangjie (John Sung)

Résumé
Chimiste titulaire d'un doctorat obtenu aux États-Unis, Song Shangjie a quitté sa carrière scientifique après une conversion soudaine à New York pour devenir l'un des plus grands évangélistes chinois du vingtième siècle, conduisant des réveils en Chine et en Asie du Sud-Est jusqu'à sa mort prématurée en 1944.
Portrait
Biographie

Chacun a un jour gardé un diplôme, un poste ou une réussite comme preuve de sa propre valeur. Il est difficile d’imaginer y renoncer sans craindre qu’il ne reste plus grand-chose de soi. L’histoire de Song Shangjie, baptisé en Occident sous le nom de John Sung, commence justement par cette question, posée en plein océan.

Né le 27 septembre 1901 à Putian, dans la province du Fujian, en Chine, il était fils d’un pasteur méthodiste et, enfant déjà, prêchait à ses camarades, ce qui lui valut le surnom de petit pasteur. En 1920, il partit pour les États-Unis, où il choisit d’étudier la chimie, et non la théologie.

Il obtint son diplôme à l’Ohio Wesleyan University et acheva son doctorat en chimie à l’Ohio State University en 1926, en seulement six ans. Alors qu’un avenir prometteur de scientifique s’ouvrait à lui, il entra à l’Union Theological Seminary, à New York, pour tenir une promesse ancienne d’étudier la théologie.

Le 10 février 1927, lors d’une réunion évangélique, il vécut une conversion qu’il décrivit comme une nouvelle naissance. Son ardeur inquiéta les responsables du séminaire, qui le firent interner dans un hôpital psychiatrique près de New York pendant plusieurs mois. Là, il lut la Bible en entier des dizaines de fois avant d’être libéré, avec l’aide du consulat chinois.

De retour en Chine, en novembre 1927, il jeta à la mer ses diplômes et ses médailles, ne gardant que le certificat de docteur pour son père, et se mit à porter une simple tunique de paysan. C’était un signe clair : désormais, il ne vivrait plus que pour l’Évangile.

Il prêcha d’abord au Fujian, rejoignit l’Équipe évangélique Bethel à partir de 1931 et, devenu indépendant, parcourut la Chine et l’Asie du Sud-Est entre 1935 et 1940. Il utilisait des tableaux, des mises en scène et même un petit cercueil comme symbole du péché, dans un style direct qui suscitait aussi la critique.

Ce rythme eut un prix élevé. Des fistules contractées durant ses années d’études nécessitèrent plusieurs opérations, et il restait absent de chez lui presque toute l’année, absent même à la naissance de ses propres enfants. Dans ses dernières années, une tuberculose intestinale le contraignit à prêcher allongé, jusqu’à sa mort près de Pékin, à quarante-deux ans.

Il écrivit lui-même, dans son journal, que sans grande tribulation il n’y a pas de grande illumination. Sa vie n’est pas un modèle d’équilibre, mais un rappel que Dieu se sert de vases fatigués et imparfaits pour embraser des églises entières, aujourd’hui comme dans la Chine du vingtième siècle.

“Sans grande tribulation, il n'y a pas de grande illumination.”
Song Shangjie (John Sung) · Journal de John Sung, cité par Christian History Institute, « The Billy Graham of China: John Sung »
Chronologie
1901

Naissance à Putian, Fujian, Chine

1920

Part pour les États-Unis étudier la chimie

1926

Obtient son doctorat en chimie à l'Ohio State University

1927

Conversion, internement psychiatrique et retour en Chine

Conversion bouleversante au séminaire de New York, le 10 février, suivie d'un internement puis d'un retour en Chine à la fin de l'année.

1931

Rejoint l'Équipe évangélique Bethel

Intègre le groupe itinérant de prédicateurs qui parcourut des régions de la Chine.

1935

Début des voyages en Asie du Sud-Est

Entame cinq expéditions missionnaires à Singapour, en Malaisie, aux Philippines, en Thaïlande, au Vietnam, au Myanmar et en Indonésie.

1940

La maladie met fin aux grands voyages

Sa santé affaiblie l'oblige à réduire drastiquement ses voyages de prédication.

1944

Mort près de Pékin

Meurt le 18 août, à quarante-deux ans, après plusieurs années de tuberculose intestinale.

Œuvres et jalons

Doctorat en chimie

1926

Il obtint son doctorat en chimie à l'Ohio State University en seulement six ans d'études aux États-Unis.

Conversion et internement

1927

Après une conversion bouleversante à l'Union Theological Seminary, il fut interné dans un hôpital psychiatrique près de New York, où il lut la Bible des dizaines de fois.

Diplômes jetés à la mer

nov. 1927

Sur le navire du retour vers la Chine, il jeta ses diplômes et ses médailles à la mer, ne gardant que le certificat de docteur pour son père.

Équipe évangélique Bethel

1931

Il rejoignit le groupe itinérant de prédicateurs qui parcourut diverses régions de la Chine, touchant des centaines de milliers de personnes.

Réveils en Asie du Sud-Est

1935-1940

Il effectua cinq voyages missionnaires à Singapour, en Malaisie, aux Philippines, en Thaïlande, au Vietnam, au Myanmar et en Indonésie.

Journal de John Sung

édition posthume

Ses carnets personnels furent organisés et publiés après sa mort, révélant sa vie de prière et sa discipline biblique.

Contributions
1

Prédication biblique expositive populaire

Il popularisa parmi les chrétiens ordinaires un style de prédication qui expliquait la Bible verset par verset, unissant une étude attentive du texte à des illustrations saisissantes et à son propre témoignage personnel.

2

Renouveau de l'Église chinoise dans les années 1930

Ses réveils fortifièrent des congrégations locales à une époque d'instabilité politique en Chine, formant une génération de responsables laïcs et de pasteurs qui soutiendrait l'Église durant les décennies de guerre suivantes.

3

Journal spirituel comme héritage écrit

Ses carnets personnels, organisés et publiés après sa mort, sont devenus un classique de la dévotion chinoise, consignant une discipline de prière, de lecture biblique et d'examen de soi qui forme encore des prédicateurs aujourd'hui.

4

Exemple de renoncement professionnel pour l'Évangile

En abandonnant une carrière prometteuse en chimie pour prêcher, il devint une référence pour les chrétiens instruits confrontés au même choix entre prestige académique et vocation ministérielle.

Héritage missionnaire

Les réveils qu'il conduisit en Chine et en Asie du Sud-Est dans les années 1930 contribuèrent à former un réseau d'églises locales qui résisterait des décennies plus tard à la guerre et à la persécution.

Son modèle d'évangéliste itinérant, sans attache fixe à une dénomination, inspira des générations de prédicateurs asiatiques à porter l'Évangile par eux-mêmes, au sein de leur propre culture.

Les communautés chinoises qu'il visita à Singapour, en Malaisie, en Indonésie et aux Philippines devinrent, des décennies plus tard, des bases d'envoi de missionnaires vers d'autres régions d'Asie.

Son insistance à unir une étude approfondie des Écritures à un appel clair à l'évangélisation directe demeure une référence pour ceux qui, aujourd'hui, envisagent d'échanger une carrière sûre contre la mission.

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