Peuple non atteint Frontière
Les Bajaus de la côte ouest vivent dispersés le long du littoral nord-ouest de Sabah, en Malaisie, entre des villes comme Kota Belud, Tuaran et Kudat, ainsi que dans des villages de l’île de Banggi et le long de la côte du district de Pitas. Contrairement à leurs proches qui vivent encore embarqués sur la mer, cette branche du peuple s’est fixée sur terre depuis des générations et a bâti une vie liée à l’agriculture et à l’élevage.
Ils sont reconnus pour une habileté équestre rare dans la région, qui leur a valu une réputation de cavaliers émérites, et pour une identité qui unit fermement ethnie et foi. Être bajau de la côte ouest, pour la plupart, c’est aussi être musulman, une équation qui traverse les coutumes, les fêtes et la vie de chaque famille.
Les Bajaus ont pour origine d'anciens peuples navigateurs d'Asie du Sud-Est, traditionnellement décrits comme des nomades de la mer qui se sont répandus sur les eaux entre Bornéo, les Philippines et l'Indonésie. Avec le temps, différentes branches du peuple ont suivi des chemins distincts : tandis que certaines sont restées liées à la vie maritime, celles qui habitent aujourd'hui la côte ouest de Sabah se sont fixées sur terre, adoptant la riziculture et l'élevage de bétail et de chevaux comme nouveau moyen de subsistance.
Cette séparation séculaire entre les branches côtière et maritime a été si profonde qu'aujourd'hui elles parlent des langues différentes, bien qu'elles partagent une origine commune et le nom bajau.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Malaisie Non atteint
|
96,4%
|
270.000 |
Brunei Non atteint
|
3,6%
|
10.000 |
Contrairement à d’autres branches du peuple bajau qui vivent embarquées, les Bajaus de la côte ouest se sont établis sur la terre ferme et sont devenus d’habiles riziculteurs et éleveurs de bétail le long du littoral et de l’arrière-pays proche. Ils sont également connus pour leur adresse à cheval, ce qui leur a valu la réputation de « cavaliers de l’Orient » et une place de choix dans les chevauchées et défilés traditionnels de la région.
La vie communautaire s’organise autour des marchés hebdomadaires, où les familles échangent produits, nouvelles et alliances, et des grandes fêtes annuelles qui réunissent cavaliers, tissus brodés et ornements d’argent dans des célébrations qui réaffirment l’identité du groupe devant les nouvelles générations.
Les Bajaus de la côte ouest sont ardemment musulmans sunnites, et cette foi est vécue comme une part indissociable de ce qu’ils sont en tant que peuple. La pratique religieuse suit le calendrier agricole et les grandes célébrations communautaires, entrelaçant prières, coutumes locales et vie de la communauté en une seule trame.
C’est pourquoi abandonner l’islam n’est pas compris comme un choix personnel de foi, mais comme une rupture avec l’identité bajau elle-même, un poids qui pèse sur quiconque du groupe envisagerait de suivre un autre chemin spirituel. La mosquée et les célébrations du calendrier islamique rythment la vie de chaque village, renforçant la conviction qu’être bajau et être musulman sont une seule et même chose.
La langue bajau de la côte ouest est considérée comme menacée : les enfants et les jeunes mêlent déjà de plus en plus la langue de la communauté au malais, et l’écriture formelle n’a commencé à se développer qu’au cours des dernières décennies. Aucune portion de la Bible n’est encore traduite dans cette langue, ce qui laisse la majorité sans accès à la Parole dans leur propre parler. Un travail de traduction est en cours, mais il faudra encore des années avant qu’il n’atteigne les communautés.
Être bajau de la côte ouest, c’est dans les faits être musulman : la foi façonne l’identité du groupe si profondément que la suivre est perçu comme une condition d’appartenance au peuple. Qui s’approche de Jésus risque de rompre avec la famille et la communauté qui soutiennent sa vie sociale et économique. À cela s’ajoute l’absence de toute Écriture dans leur propre langue, ce qui laisse le message chrétien sans porte d’entrée naturelle et renforce la distance entre le peuple et l’évangile.
Le peuple manque, avant tout, d’accès à la Parole de Dieu dans sa propre langue, aujourd’hui inexistante, et d’un discipulat constant pour les quelques-uns qui s’approchent déjà de Jésus. Comme dans beaucoup de communautés où la foi chrétienne est encore rare, il manque aussi une communauté vivante et visible de disciples du Christ à proximité, capable d’accompagner de près ceux qui décident de le suivre.
Manquent encore des ouvriers disposés à apprendre la langue et les coutumes locales avec patience, et des moyens de communication, comme la radio déjà utilisée dans la région, qui portent le message de l’évangile de façon compréhensible à ce peuple de pêcheurs, d’agriculteurs et de cavaliers.
Une station de radio en langue bajau émet quotidiennement dans la région, une voie qui s’est déjà montrée efficace pour porter des messages chrétiens à des peuples sans Écriture propre. Un travail de traduction de la Bible dans cette langue a également déjà commencé, un premier pas concret vers le jour où ce peuple pourra lire la Parole de Dieu dans sa propre langue.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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