Peuple non atteint Frontière
Les Dai musulmans forment une communauté du Bangladesh et de l’est de l’Inde dont l’identité est née d’un métier : le soin apporté aux femmes lors de l’accouchement et l’art de guérir par les plantes et le savoir traditionnel. Au fil des générations, cette vocation a donné son nom au groupe et façonné sa place au sein de la société bengalie.
Locuteurs du bengali et fidèles de l’islam, ils vivent aujourd’hui surtout dans des zones rurales et semi-urbaines, où de nombreuses femmes exercent encore le rôle de sages-femmes, tandis que les familles complètent leurs revenus par de petites cultures et le commerce local. C’est un peuple discret, uni par des liens familiaux forts et par un héritage de service qui traverse les siècles.
Bien qu’ils vivent aujourd’hui majoritairement au Bangladesh, avec une part plus faible du côté indien, les Dai conservent un sentiment d’identité commune qui unit les Bengalis musulmans des deux pays par la langue, par la foi et par la mémoire du métier qui les a fait naître.
L'origine des Dai n'est liée ni à un territoire ni à une migration, mais à une profession transmise de mère en fille au fil des générations : l'accompagnement des accouchements et le soin par les plantes médicinales. Avec le temps, ce métier s'est consolidé en identité propre au sein de la société bengalie, marquée par le système des castes, dans lequel le travail lié à l'accouchement et au corps était considéré comme impur et réservé à des groupes spécifiques.
La conversion à l'islam a inséré les Dai dans la vaste mosaïque musulmane du Bengale, mais sans effacer la marque de leur origine liée au métier, qui distingue encore aujourd'hui la communauté de voisins de même foi.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Bangladesh Non atteint
|
86%
|
86.000 |
Inde Non atteint
|
14%
|
14.000 |
Dans les villages et les périphéries urbaines du Bangladesh et de l’Inde, de nombreuses femmes dai continuent d’exercer le métier qui a donné son nom au peuple : elles accompagnent les accouchements, préparent des remèdes à base de plantes et prennent soin des nouveau-nés et des mères, un savoir transmis oralement de génération en génération. Les hommes complètent généralement le revenu familial par de petites cultures, l’élevage ou le commerce de quartier.
La vie s’organise autour de la famille élargie et du voisinage, avec un fort sens de la solidarité interne. Les mariages suivent le rite musulman du nikah, célébrés avec musique, nourriture abondante et la participation de toute la communauté, des moments où des plats comme le biryani et les viandes épicées marquent la table.
Les Dai sont des musulmans sunnites, et leur foi s’exprime dans les cinq prières quotidiennes, le jeûne du Ramadan et les fêtes de l’Aïd el-Fitr et de l’Aïd el-Adha, vécues en communauté et avec une forte insistance sur l’hospitalité. Le respect des aînés et l’entraide sont considérés comme un prolongement naturel de la pratique religieuse.
Étant aussi un groupe d’origine professionnelle au sein d’une société marquée par les castes, leur identité religieuse s’ajoute à une identité de groupe plus ancienne, et appartenir aux Dai signifie hériter à la fois de la foi et de la place sociale de la famille au sein de la communauté plus large qui les entoure.
Les Dai parlent bengali, une langue qui possède la Bible complète depuis longtemps et dispose du film Jésus, d’enregistrements et de ressources en ligne. Pourtant, ces supports ont été produits pour le public bengali en général, et parviennent rarement de façon ciblée à une communauté aussi spécifique et repliée sur elle-même que celle des Dai, dont le quotidien gravite autour du groupe lui-même et du métier familial.
Être dai, c’est hériter, avec la foi musulmane, d’une place définie au sein d’une société encore marquée par des hiérarchies de caste, ce qui renforce le mariage à l’intérieur du groupe et l’isolement social face aux communautés extérieures. À cela s’ajoute la force de l’identité islamique comme part inséparable de l’identité bengalie, ce qui rend tout rapprochement avec l’Évangile risqué pour l’appartenance familiale et communautaire, ainsi que la quasi-absence d’églises ou de chrétiens bengalis disposés à franchir cette limite sociale particulière.
Comme beaucoup de communautés liées à des métiers traditionnels, les Dai font face au défi de préserver revenu et dignité dans une économie qui change rapidement, sans perdre le savoir-faire qui les définit. Manquent aussi des possibilités d’études et des alternatives de travail pour les nouvelles générations, en particulier pour les femmes.
Sur le plan spirituel, le plus grand manque est le contact personnel : il y a presque aucun chrétien bengali qui connaisse les Dai de près ou qui soit disposé à partager sa foi d’une manière qui respecte l’identité et l’histoire du groupe.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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