Peuple non atteint Frontière
Les jats chhina forment un clan d’agriculteurs musulmans du Pendjab pakistanais, membre de la grande famille jat qui façonne depuis des siècles la vie rurale du nord de l’Inde et du Pakistan. Ils descendent de tribus indo-aryennes de la région et, comme les autres clans jats, portent un fort sens de la lignée : chaque famille se voit liée à l’ancêtre qui aurait fondé son village par la force et le courage.
Ils sont reconnus pour leur stature robuste, leur disposition au travail physique et leur réputation de gens difficiles à soumettre. Un dicton jat résume bien cet esprit : les hommes viennent et repartent, mais le clan demeure pour toujours. Ils vivent surtout de la terre, bien qu’aujourd’hui on les retrouve aussi dans le commerce, l’enseignement et les métiers techniques, occupant des positions en vue au sein de leurs communautés.
Les jats chhina viennent de la grande confédération jat qui, à l'origine hindoue, s'est répandue dans les plaines du Pendjab bien avant l'ère islamique. La conversion à l'islam est venue surtout par la prédication de saints soufis, dont Baba Fariduddin Ganjshakar au douzième siècle, et s'est consolidée dans les siècles suivants sans effacer la fierté de caste et de lignée déjà présente.
Sous l'ère moghole, des clans jats comme les chhina ont gagné en pouvoir politique, et plusieurs d'entre eux en sont venus à gouverner de petits territoires au Pendjab. La partition de l'Inde en 1947 a séparé des familles jats qui vivaient auparavant côte à côte au Pendjab, laissant les chhina musulmans concentrés du côté pakistanais de la nouvelle frontière.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Pakistan Non atteint
|
100%
|
120.000 |
La vie tourne autour de la terre : la plupart des chhina cultivent les champs du Pendjab, et la famille élargie ainsi que le clan organisent presque tout, du mariage au règlement des différends. Se marier au sein du groupe est la norme, une façon de garder unies la terre, l’honneur et le nom de famille.
L’hospitalité et le courage sont des valeurs centrales, et la position sociale d’une famille pèse encore plus lourd que son compte en banque. Les mariages, célébrés en grande pompe et impliquant tout le réseau de parents, servent de grandes occasions pour réaffirmer ces liens de clan devant la communauté. En même temps, des familles chhina se retrouvent aujourd’hui aussi dans des professions urbaines, dans l’enseignement et les métiers techniques, signe d’un peuple qui évolue sans abandonner ses racines rurales.
Les jats chhina sont musulmans, et leur conversion historique à l’islam s’est accompagnée d’une dévotion aux sanctuaires et aux maîtres soufis, une religiosité qui mêle l’orthodoxie sunnite à des pratiques populaires de vénération de saints locaux. Pour eux, être jat et être musulman sont pratiquement inséparables, et le souvenir des saints qui auraient amené leurs ancêtres à la foi est encore cultivé avec respect.
Cette fusion entre foi et identité de clan fait de la religion bien plus qu’une croyance personnelle : elle fait partie de ce qui définit qui appartient à la famille et à la terre. Abandonner l’islam serait, aux yeux de la communauté, abandonner son propre clan, et pas seulement un choix religieux individuel.
La langue du cœur des jats chhina est une variété du pendjabi occidental, langue pour laquelle une bonne partie de la Bible est déjà traduite et disponible. Le défi n’est pas tant le manque de texte que la portée : peu de familles chhina ont déjà eu un contact direct avec ces Écritures, et la tradition orale, plus que la lecture, continue de façonner la manière dont les récits et les croyances circulent parmi eux.
Chez les jats chhina, fierté de lignée et foi vont de pair : être jat est un motif d’honneur, et l’idée, courante en Asie du Sud, que le christianisme serait la religion des gens de condition modeste éloigne un peuple qui se voit comme fort et conquérant. À cela s’ajoute le poids du clan : suivre Jésus reviendrait à trahir sa propre famille et le nom qu’elle porte depuis des générations.
Les familles chhina qui vivent de l’agriculture dans l’intérieur du Pendjab font face à des besoins bien concrets, comme l’accès à l’eau potable et aux soins de santé de base, des manques courants parmi les communautés rurales de la région. Les équipes médicales et humanitaires chrétiennes trouvent dans ce contexte un moyen concret de manifester l’amour de Dieu.
Sur le plan spirituel, le manque est encore plus grand : il y a peu de disciples de Christ parmi les clans jats, quels qu’ils soient, et ceux qui croient ont besoin d’accompagnement, de protection et d’autres croyants à leurs côtés pour ne pas affronter seuls le coût de leur décision.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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