Peuple non atteint
Les Pakpak Boang vivent à l’extrême sud de la province d’Aceh, sur l’île de Sumatra, en Indonésie. Leurs communautés s’étendent dans le district d’Aceh Singkil et dans la ville de Subulussalam, le long des rives des fleuves Simpang Kanan et Simpang Kiri, qui coulent vers la mer de Singkil. Ils sont considérés comme un sous-groupe des Pakpak, peuple de l’univers batak du nord de Sumatra, et forment l’un des cinq clans qui composent cette famille.
Ce qui les distingue le plus de leurs parents, c’est la foi. Parmi les clans pakpak, les Boang sont les seuls musulmans, tandis que les quatre autres sont chrétiens. Cette différence a façonné une identité propre, liée à l’islam et à la vie au bord de l’eau, même si la langue, la parenté et la mémoire du clan les relient au reste des Pakpak.
Ils parlent un dialecte pakpak de la langue batak dairi, qui possède une forme écrite. On les confond souvent avec les Singkil, peuple voisin de la même région, mais ils forment un groupe distinct, avec sa propre histoire de clan et sa manière de vivre au bord des fleuves.
Les Boang font partie du monde batak du nord de Sumatra et sont reconnus comme l'un des cinq clans des Pakpak. Ils partagent avec ces parents la langue d'origine et le sentiment d'appartenir à un même tronc, même s'ils vivent loin des hautes terres associées au reste du peuple.
Ce qui les a séparés des autres clans, c'est l'islam, devenu central dans leur identité. Les détails de la manière et du moment où cette transformation s'est produite sont peu documentés, et la mémoire du clan reste la principale gardienne de ce parcours. À Aceh, région de forte tradition islamique, être Boang en est venu à signifier marcher entre deux héritages : la racine pakpak et la foi musulmane.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Indonésie Non atteint
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100%
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21.000 |
La vie des Pakpak Boang tourne autour de l’eau. Les villages se trouvent au bord des fleuves, dans des maisons de bois construites sur pilotis, et la subsistance vient surtout de l’agriculture, de la pêche, du travail à la journée, de l’artisanat et de la transformation de la feuille de palmier nipa, plante typique des rives inondables qui fournit des matériaux pour le quotidien.
Les fleuves sont aussi le chemin de la maison : ils servent au transport, à la toilette et à l’eau potable. La langue se transmet au sein des familles, aux côtés de l’indonésien, langue de l’école et de la vie publique. Ainsi, l’identité du clan se transmet dans la cuisine, dans la barque et dans la conversation entre générations, au sein de communautés qui ressemblent, dans leur manière de vivre au bord de l’eau, à leurs voisines de tradition malaise.
Les Pakpak Boang sont musulmans, presque en totalité. L’islam est ce qui les rend singuliers au sein de la famille pakpak et il est étroitement lié à l’identité du clan : être Boang et être musulman vont ensemble dans la perception de la communauté et de ses voisins. À Aceh, où la vie publique est marquée par l’islam, cette appartenance est renforcée au quotidien.
Dans la région, les Boang n’admettent pas la construction d’églises sur leur territoire, alors que les autres clans pakpak se rassemblent dans des lieux de culte chrétiens. Pour celui qui naît là, changer de foi n’est pas seulement une décision personnelle : cela touche la famille, le clan et la place que la personne occupe parmi les siens.
L’Écriture existe dans la langue des parents pakpak : des portions ont été publiées à la fin des années 1970, le Nouveau Testament est paru au début des années 1980 et la Bible complète a été achevée en 1998. Le Nouveau Testament est aussi disponible sur des applications et sur Internet, et il existe un film sur la vie de Jésus en pakpak dairi. Comme le dialecte des Boang possède une forme écrite, ce matériel a du sens pour eux. Le défi est autre : cette Parole parvient à un peuple qui associe la Bible à une foi qui n’est pas celle du clan.
Un peuple ne comprend vraiment l'évangile que lorsqu'il l'entend dans la langue de son cœur. Voyez où en est la traduction.
Données de traduction : Joshua Project.
Le principal obstacle est l’union entre foi et identité : être Boang, c’est être musulman, et abandonner l’islam revient à rompre avec la famille et avec le clan. À cela s’ajoute la restriction concernant les lieux de culte chrétiens dans la région, qui laisse ceux qui s’intéressent à Jésus sans lieu de rencontre. Comme il n’y a ni église ni œuvre connue en cours parmi eux, beaucoup n’ont peut-être jamais eu de voisin chrétien pour leur expliquer l’Évangile. La proximité avec les Pakpak chrétiens pourrait être un pont, mais la différence religieuse entre les clans crée aussi de la distance.
Avant tout, les Pakpak Boang ont besoin d’être atteints par quelqu’un qui leur parle de Jésus avec respect, dans la langue du cœur et dans une relation durable. Il faut des ressources audio et vidéo dans leur dialecte, pour ceux qui préfèrent écouter plutôt que lire, ainsi que des témoignages de vie qui montrent l’Évangile sans manquer de respect à la culture.
Il y a aussi un manque de communauté : celui qui viendra à croire aura besoin de discipulat, de compagnie et de protection dans un environnement où la foi du clan pèse lourd. Que la préservation de la langue et le soin des nouvelles générations aillent de pair avec l’espérance que ce peuple connaisse le Sauveur.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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