Rita Willaert - Flickr, CC BY-NC 2.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les baggara messiria, aussi connus sous le nom de misseriya, sont un peuple arabe du Soudan dont la vie s’organise tout entière autour du bétail. Le nom baggara lui-même signifie « peuple du bétail », même si beaucoup préfèrent aujourd’hui être appelés simplement messiria, le terme plus ancien portant en lui le souvenir amer de raids passés. Ils vivent principalement dans la région du Kordofan, au centre du pays, avec une présence également au Darfour et dans les zones proches du Tchad.
Leur identité se caractérise par une division en deux grands rameaux, les messiria zurug et les messiria humr, une distinction qui remonte à d’anciennes lignées au sein même du peuple. Ils parlent l’arabe soudanais comme langue maternelle, et c’est cette langue qui porte leur poésie, leurs proverbes et la mémoire de leurs familles.
Plus qu’une ethnie parmi d’autres au Soudan, les messiria portent une vocation : ce sont des gardiens de troupeaux qui, depuis des siècles, traversent les savanes en quête d’eau et de pâturage, façonnant toute une culture autour du mouvement et de la survie dans un environnement aride.
L'origine des messiria remonte à des tribus arabes qui se sont installées dans la région entre les XIVe et XVIIIe siècles, se mêlant aux peuples locaux du Kordofan et adoptant un mode de vie pastoral adapté aux savanes du centre du Soudan. Avec le temps, ils se sont imposés comme le principal rameau du grand groupe baggara, les « peuples du bétail » répandus le long de la ceinture de savane entre le Tchad et le Soudan.
Au fil des siècles, leur histoire s'est entrelacée avec celle d'autres peuples de la région, en particulier dans la zone disputée d'Abiyei, à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, où messiria et dinka ngok partagent les mêmes terres de pâturage depuis des générations. Cette cohabitation, parfois tendue, a façonné une grande partie de l'identité et de la mémoire collective du peuple.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Soudan Non atteint
|
100%
|
739.000 |
Les messiria sont traditionnellement des pasteurs semi-nomades, et le bétail occupe le centre de leur économie et de leur culture. Deux fois par an, des familles entières se déplacent avec leurs troupeaux entre le nord et le sud, en quête de pâturage et d’eau selon la saison sèche ou pluvieuse, un rythme qui organise le calendrier et les relations sociales du peuple depuis des générations.
Dans cette vie mobile, les rôles sont bien définis : les hommes accompagnent le bétail lors des grandes traversées, tandis que les femmes s’occupent des campements, transforment le lait et participent au petit commerce. L’hospitalité, l’honneur de la famille et l’appartenance au clan restent des valeurs centrales, même lorsqu’une partie du peuple adopte un mode de vie plus sédentaire.
Les messiria sont musulmans sunnites, et l’islam est profondément entrelacé avec leur identité arabe et tribale. La foi s’exprime dans les prières quotidiennes, le jeûne du Ramadan et les coutumes qui marquent la naissance, le mariage et la mort, faisant partie intégrante de ce que signifie appartenir au peuple.
Aux côtés de l’islam officiel, subsistent chez certains groupes des éléments de croyances traditionnelles plus anciennes, souvent liées à la protection des troupeaux et à la vie dans le désert. Pour la majorité, cependant, être messiria et être musulman sont une seule et même chose, et cette fusion fait de tout changement de foi une question qui touche toute la famille et le clan.
L’arabe soudanais, langue des messiria, dispose déjà de portions bibliques depuis près d’un siècle et du Nouveau Testament complet, mais la Bible entière n’a pas encore été traduite dans cette forme de la langue. Comme une grande partie du peuple vit de façon nomade ou semi-nomade, l’Écriture imprimée suit difficilement le rythme des migrations. Les ressources audio et vidéo dans la langue sont devenues un chemin plus réaliste pour que la Parole atteigne des familles qui passent des mois loin de toute ville ou église.
Chez les messiria, être arabe et être musulman forment une seule et même identité, de sorte que suivre Jésus est perçu comme abandonner son propre peuple et sa propre famille. Le nomadisme ajoute une autre couche d’isolement : des communautés en déplacement constant croisent rarement le chemin d’une église ou d’un chrétien, et la vie rude du pastoralisme laisse peu de place à un contact prolongé avec des personnes extérieures au clan.
La vie semi-nomade expose les messiria à des sécheresses récurrentes, à des disputes pour la terre et l’eau avec les peuples voisins, et à l’instabilité des régions frontalières où ils vivent, ce qui rend la sécurité alimentaire et la paix des besoins constants. De nombreuses familles rencontrent aussi des difficultés d’accès à l’éducation formelle à cause des longs déplacements saisonniers.
Spirituellement, le peuple manque presque totalement de tout témoignage chrétien proche : aucune communauté de foi messiria connue n’existe, et quiconque viendrait à croire en Jésus aurait besoin d’accompagnement, de protection et d’une communauté qui, aujourd’hui, n’existe tout simplement pas parmi eux.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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