Peuple
Les Carutana sont un peuple autochtone de langue arawak qui vit le long du cours moyen de l’Içana, dans le nord-ouest de l’État d’Amazonas. Leur langue et leur culture sont étroitement liées à celles des Baniwa et des Curripaco, des peuples voisins avec lesquels ils partagent la famille de langues dite karu. Ces langues sont si proches que le carutana est parfois décrit comme un dialecte ou une branche du grand ensemble baniwa de l’Içana.
Profondément attachés à la vie au bord de l’eau, les Carutana organisent leur quotidien autour du cours d’eau et de la forêt, qui leur fournissent du poisson, du gibier et des terres pour cultiver le manioc amer, à la base de leur alimentation et d’une grande partie de leur identité matérielle. Comme les autres groupes arawak de l’Içana, ils vivent dans de petites communautés organisées en clans de parenté, selon un mode de vie façonné par le rythme des eaux et de la terre.
Les racines des Carutana remontent à l’ancienne présence arawak dans le nord-ouest de l’Amazonie, où des familles organisées en clans et en phratries se sont réparties sur les rives de l’Içana et de ses affluents au fil des siècles. Peu de documents spécifiques sur le parcours historique des Carutana nous sont parvenus. Leur histoire est donc surtout connue à travers celle, plus large, des peuples arawak de l’Içana, auxquels ils sont étroitement liés par la langue et la parenté.
Comme les autres peuples de cette région, les Carutana ont également été en contact, au fil du temps, avec des commerçants et différentes croyances religieuses arrivées sur l’Içana, dans un processus qui a progressivement redessiné les alliances et les coutumes sans effacer complètement l’identité de chaque peuple local.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Brésil Peu atteint
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100%
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400 |
La vie carutana s’organise au rythme du cours d’eau et des cultures. Hommes et femmes se partagent des tâches comme la préparation de la terre, la plantation et la transformation du manioc amer en beiju et en d’autres aliments qui nourrissent les familles tout au long de l’année. La pêche, pratiquée selon différentes techniques en fonction de la saison et du niveau des eaux, complète l’alimentation et occupe une grande partie du quotidien, aux côtés de la chasse dans la forêt qui borde le cours d’eau.
L’organisation sociale repose sur la parenté : les familles élargies vivent à proximité les unes des autres, unies par des liens de clan qui contribuent aussi à définir avec qui un Carutana peut se marier. Les coutumes et les célébrations propres aux Carutana sont encore peu documentées, et une grande partie des connaissances disponibles provient de ce qu’ils partagent avec les peuples voisins du même ensemble arawak de l’Içana.
La cosmologie traditionnelle des peuples arawak de l’Içana, auxquels les Carutana sont liés par la langue et la parenté, accorde une place centrale à des figures ancestrales créatrices et au chamanisme, avec des spécialistes chargés de guérir, de protéger et d’interpréter le monde spirituel de la communauté. Il n’existe toutefois pas de documentation spécifique et détaillée sur la manière dont les Carutana ont vécu ces croyances au fil du temps.
Comme dans d’autres villages de l’Içana, il est probable que le contact avec des Églises chrétiennes au cours du XXe siècle ait apporté de nouvelles pratiques de foi aux communautés carutana, aux côtés de l’héritage de leur cosmologie ancestrale. Aujourd’hui, le paysage religieux des Carutana est principalement marqué par les religions autochtones traditionnelles, tandis qu’une petite partie du peuple se reconnaît comme chrétienne.
Des portions des Écritures ont été traduites en baniwa, une langue proche du carutana, dès la fin des années 1950, et un Nouveau Testament dans cette langue a été achevé au cours des décennies suivantes. Cependant, il n’a jamais existé de Bible complète dans la langue propre au peuple carutana. Pour la plupart des familles, l’accès à la Parole dans leur propre langue dépend aujourd’hui de textes dans des variantes voisines ou en portugais, ce qui laisse encore une grande partie du peuple sans contact direct avec les Écritures dans la langue du cœur.
Un peuple ne comprend vraiment l'évangile que lorsqu'il l'entend dans la langue de son cœur. Voyez où en est la traduction.
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Données de traduction : Joshua Project.
L’isolement géographique du cours moyen de l’Içana, où de petits villages sont dispersés le long du cours d’eau, complique l’accès régulier à tout message ou soutien extérieur. La proximité et la ressemblance avec des peuples plus nombreux de la région font également disparaître les Carutana dans des statistiques plus générales, ce qui réduit l’attention qui leur est spécifiquement consacrée. À cela s’ajoute la fragilité d’une langue parlée par quelques centaines de personnes, soumise à la pression croissante du portugais et des langues voisines. Cette situation menace aussi bien la communication quotidienne que la transmission de tout contenu spirituel conçu spécialement pour ce peuple.
Comme de nombreux petits peuples du nord-ouest de l’Amazonie, les Carutana rencontrent des difficultés en matière de santé, d’accès à une éducation de qualité dans leur propre langue et de valorisation de leur culture, alors qu’ils grandissent au milieu d’autres langues et coutumes qui exercent une pression sur les leurs. La préservation de la langue carutana, aujourd’hui parlée par peu de personnes, est urgente, car la disparition des locuteurs entraîne aussi celle des chants, des savoirs et des noms porteurs de la mémoire du peuple.
Il existe également un besoin d’accompagnement dans la vie de disciple et d’une communauté de foi qui respecte et valorise l’identité propre des Carutana, au lieu de la dissoudre dans celles de peuples voisins plus nombreux. Ce peuple encore si peu documenté a aussi besoin de davantage d’attention et d’études.
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