Mohammed Moussa - Wikimedia, CC BY-SA 4.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Nubiens arabisés vivent le long du Nil, dans le sud de l’Égypte, dans la région entre Assouan et la frontière avec le Soudan, héritiers d’une des civilisations les plus anciennes d’Afrique. Ils descendent des anciens habitants de la Nubie, mais au fil des siècles ont adopté la langue arabe et les coutumes du monde arabe musulman, s’éloignant du nobiin, langue qui marque encore d’autres groupes nubiens voisins de la même région du Nil.
Leur identité combine la fierté d’un héritage millénaire, lié aux temples et aux royaumes antiques qui ont prospéré au bord du fleuve, avec une vie aujourd’hui façonnée par la culture arabo-égyptienne. Ils sont connus pour leur hospitalité, leur attachement à la terre et à l’eau du Nil, et pour une mémoire collective marquée par la perte de leurs villages d’origine.
L'histoire des Nubiens remonte à des royaumes antiques qui ont prospéré au bord du Nil, au sud de l'Égypte, bien avant l'arrivée de l'islam dans la région. Avec les invasions arabes des VIIe et XIe siècles, une partie de la population nubienne fut absorbée par la culture arabe, adoptant peu à peu sa langue et ses coutumes, ce qui donna naissance à la branche aujourd'hui appelée arabisée.
Le coup le plus profond porté à leur histoire récente est venu de la construction du barrage d'Assouan, achevé en 1964 : les eaux retenues submergèrent des villages ancestraux sur les rives du Nil, et des milliers de familles furent réinstallées à Kom Ombo, dans une zone éloignée du fleuve qui avait toujours été le centre de la vie nubienne.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Égypte Non atteint
|
100%
|
628.000 |
Ils vivent principalement de l’agriculture, cultivant le millet, le blé, l’orge, les dattes et les pastèques sur des terres qui ont remplacé les anciennes rives du Nil perdues avec le barrage. Certaines familles migrent encore saisonnièrement avec leurs troupeaux, dressant des abris temporaires en forme de dôme lors de leurs déplacements à la recherche de pâturages.
La famille élargie et l’honneur sont la base de l’organisation sociale, avec des rôles bien définis entre hommes et femmes selon la tradition arabo-musulmane. Les maisons nubiennes, souvent peintes de couleurs vives et ornées de portes en bois finement sculptées, restent un symbole d’identité même dans les établissements les plus récents.
Les Nubiens arabisés sont musulmans, et l’islam est profondément entrelacé à leur identité familiale et sociale. La pratique de la foi suit de près les traditions sunnites d’Égypte, la mosquée locale, les prières quotidiennes et le calendrier islamique organisant le rythme de la vie au village.
L’appartenance religieuse se confond avec l’appartenance à la famille et à la communauté : suivre l’islam fait, pour la majorité, partie indissociable du fait d’être à la fois nubien et égyptien. Cela fait de tout changement de foi une question qui dépasse le cadre personnel et touche directement les liens familiaux et sociaux les plus proches.
La langue du quotidien des Nubiens arabisés est l’arabe égyptien, pour lequel il existe une Bible complète, le Nouveau Testament circulant depuis plus longtemps et le texte intégral étant disponible depuis le début de ce siècle. Pourtant, le texte biblique reste pratiquement inconnu parmi eux : peu le lisent, et encore moins l’associent à leur propre quête spirituelle, si éloigné qu’il paraît de leur identité islamique et nubienne.
Pour les Nubiens arabisés, la foi islamique et l’identité familiale et ethnique sont pratiquement indissociables : abandonner l’islam est perçu comme abandonner sa propre famille et sa communauté. À cela s’ajoute le déracinement subi lors du réinstallation forcée après la construction du barrage d’Assouan, qui a fragilisé les liens communautaires et laissé des traces de perte encore présentes, ainsi que l’absence quasi totale de tout témoignage chrétien local dans la région où ils vivent.
Des décennies après avoir perdu leurs terres ancestrales sous les eaux du Nil retenu, de nombreuses familles nubiennes rencontrent encore des difficultés économiques dans les établissements qui ont remplacé leurs villages d’origine, en particulier là où l’agriculture dépend de terres plus éloignées du fleuve et de récoltes plus sensibles aux variations du climat et des saisons. Il existe un besoin profond de restauration de la dignité et de la mémoire culturelle, ainsi que l’absence presque totale de toute communauté chrétienne, de discipulat ou de témoignage vivant de l’évangile dans leur propre langue et culture.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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