Quiconque a été défini par ses pires jours sait combien cette étiquette peut coller à une personne toute sa vie. Au fil des siècles, Marie-Madeleine a reçu une réputation déformée que la Bible ne lui a jamais donnée ; l’histoire réelle, racontée par les quatre Évangiles, est plus simple et bien plus belle.
Luc la présente comme une femme délivrée de sept esprits mauvais, sans préciser le mal qui la tourmentait (Luc 8:2). Cette guérison marqua tellement sa vie qu’elle quitta la ville de Magdala, au bord de la mer de Galilée, pour suivre Jésus.
Avec d’autres femmes, elle soutenait le ministère de Jésus de ses propres biens (Luc 8:3), dans une culture où les femmes finançaient rarement un maître religieux. Pendant que les Douze discutaient pour savoir qui serait le plus grand, ces femmes servaient sans bruit.
Quand la peur dispersa les disciples le vendredi de la crucifixion, Marie-Madeleine resta. Elle vit Jésus mourir de près, aux côtés de sa mère (Jean 19:25), puis vit où le corps fut déposé dans le tombeau (Matthieu 27:61).
Le dimanche, ce fut elle qui arriva la première au tombeau, alors qu’il faisait encore sombre (Jean 20:1). Elle trouva la pierre enlevée, courut avertir Pierre et Jean, puis revint en pleurant, sans imaginer qu’elle se trouvait à quelques pas de la plus grande nouvelle de l’histoire.
Pleurant près du tombeau vide, elle vit Jésus et le prit pour le jardinier, jusqu’à ce qu’il l’appelle par son nom : « Marie ! » (Jean 20:16). Elle courut annoncer aux apôtres : « J’ai vu le Seigneur », mais ses paroles parurent insensées aux disciples incrédules (Jean 20:18 ; Luc 24:11).
La première témoin de la plus grande nouvelle de l’histoire fut une femme au passé difficile, ignorée par ceux qui auraient dû l’écouter en premier. Dieu choisit sans cesse des messagers que le monde méprise pour porter la vérité qui compte le plus.
Si quelqu’un pense que son propre passé le disqualifie pour servir, ou que sa parole n’a aucun poids, l’histoire de Marie-Madeleine dit le contraire. Jésus l’a appelée par son nom et lui a confié la première parole sur la résurrection.