Traduire la Bible, c’est exprimer dans une autre langue ce que les textes bibliques communiquent dans les langues où ils ont été rédigés. Le but est que chaque peuple puisse découvrir clairement la Parole de Dieu, sans devoir d’abord apprendre la langue d’un autre peuple. Cela exige de rester fidèle au texte tout en tenant compte de la manière dont les gens parlent et comprennent réellement.
Pour la foi évangélique, l’autorité de la Bible vient de Dieu, qui a inspiré ses auteurs. Une traduction doit être au service de cette Parole et en transmettre le sens avec soin. Traduire les Écritures demande donc de l’étude, des révisions et un sens des responsabilités envers Dieu et les lecteurs.
Un message transmis dans des langues humaines
L’Ancien Testament a été écrit principalement en hébreu, avec quelques passages en araméen. Le Nouveau Testament a été rédigé en grec, dans la forme largement répandue dans le monde de ses premiers lecteurs. La formation même de la Bible montre que Dieu a communiqué sa vérité au moyen de langues humaines, dans des contextes historiques concrets.
À la Pentecôte, lorsque le Saint-Esprit est venu sur les disciples, des personnes venues de différents endroits ont entendu proclamer les merveilles de Dieu dans leur propre langue (Actes 2:1-11). Ce récit ne décrit pas un projet de traduction écrite. Il montre toutefois que la diversité des langues n’empêche pas de comprendre le message de Dieu.
Paul souligne lui aussi l’importance de paroles compréhensibles lorsque l’Église se réunit (1 Corinthiens 14:9). Cet enseignement aide à saisir l’utilité de la traduction : entendre des sons ou répéter des mots inconnus ne signifie pas comprendre un message. La communication doit permettre à celui qui écoute d’en saisir le sens.
Un travail qui traverse l’histoire
Avant la naissance de Jésus, des livres des Écritures hébraïques avaient déjà été traduits en grec. Cette traduction, appelée la Septante, dont le nom évoque les soixante-dix traducteurs de la tradition, a permis aux Juifs de langue grecque d’avoir accès aux Écritures. Elle a aussi joué un rôle important pour les premiers chrétiens, qui annonçaient l’Évangile dans des milieux où l’on parlait grec.
À la fin du IVe siècle, Jerônimo a traduit et révisé la Bible en latin, la langue courante de l’Empire romain. Cette œuvre est devenue connue sous le nom de Vulgate, qui signifie version populaire. Au fil des siècles, des traductions ont vu le jour dans de nombreuses autres langues. Cette histoire a réuni des personnes de différentes traditions chrétiennes, animées par le désir de rendre les Écritures accessibles.
Au XVIIe siècle, João Ferreira de Almeida a commencé à traduire la Bible en portugais, et son nom reste associé à des versions utilisées par de nombreuses Églises évangéliques. Les révisions et les nouvelles traductions qui se succèdent rappellent aussi que les langues évoluent et que les lecteurs de chaque époque ont besoin de comprendre le texte.
La fidélité ne se limite pas à remplacer des mots
Une traduction soignée commence par l’étude des textes dans leurs langues originales. Les traducteurs examinent les mots, les phrases, le contexte et les formes littéraires, comme la poésie et le récit. Ils consultent aussi des manuscrits, ces copies anciennes réalisées à la main, pour évaluer les variantes du texte et étayer leurs choix.
Traduire mot à mot ne transmet pas toujours correctement le sens. Une expression naturelle en hébreu peut devenir obscure si l’on reproduit mécaniquement sa structure en portugais. À l’inverse, faciliter la lecture n’autorise ni à ajouter des idées ni à supprimer des enseignements difficiles. La clarté doit aller de pair avec la fidélité.
Certaines traductions cherchent à préserver au plus près la forme des phrases originales ; d’autres s’attachent davantage à en communiquer le sens dans un langage courant. Ces choix expliquent en partie les différences entre les versions. Une traduction fiable doit être évaluée selon la précision avec laquelle elle transmet le texte, et pas seulement selon sa sonorité ancienne ou moderne.
Comprendre pour croire et vivre
L’accès à la Bible permet de découvrir l’histoire du salut, d’examiner l’enseignement reçu et d’apprendre à suivre Jésus. Paul établit un lien entre la foi et l’écoute du message de Christ. La traduction permet cette rencontre avec le message, même si la transformation du cœur dépend de l’action de Dieu.
« Donc, la foi naît du message que l’on entend, et ce message vient par la parole de Christ. »
Romains 10:17
Publier une Bible ne suffit pourtant pas à la rendre accessible. Certaines communautés ont besoin d’un accompagnement pour apprendre à lire, et certaines personnes apprennent surtout en écoutant. Les enregistrements des Écritures et les traductions en langues des signes aident à lever des obstacles concrets, avec le même souci de transmettre fidèlement le contenu biblique.
L’Église doit aussi enseigner à lire chaque passage dans son contexte. Dans Néhémie 8:8, la lecture de la Loi s’accompagne d’explications pour que le peuple comprenne. Traduction, enseignement et apprentissage vont de pair : disposer du texte est essentiel, mais en comprendre le message demande de l’attention et une progression.
Les Écritures et la prière pour les nations
Jésus a ordonné à ses disciples de faire des disciples de toutes les nations et de leur apprendre à obéir à ses commandements (Matthieu 28:19-20). Traduire la Bible contribue à cette mission. Cela permet aux communautés de découvrir les Écritures dans leur langue et de former des personnes capables de les enseigner aux générations suivantes.
Les peuples non atteints sont des groupes ethniques au sein desquels la communauté chrétienne locale, lorsqu’elle existe, est encore trop petite pour annoncer l’Évangile à tout son peuple sans aide extérieure. Les obstacles ne sont pas tous linguistiques, mais l’absence des Écritures dans une langue comprise peut rendre l’accès au message plus difficile. Prier pour ces peuples, c’est notamment demander des traducteurs bien formés, la participation de locuteurs locaux et des Églises qui enseignent fidèlement la Bible.
