Religion

Christianisme (orthodoxe)

Livre sacréLa Bible, avec des livres comme Tobie et les Maccabées, absents de la Bible protestante, selon la Septante, la traduction grecque de l'Ancien Testament utilisée depuis l'Église primitive
OrigineL'Église indivise des premiers siècles, dont l'identité propre s'est formée autour de Constantinople, capitale orientale de l'ancien Empire romain, et s'est définitivement consolidée lors du Grand Schisme de 1054, quand elle s'est séparée de Rome
FondateurPas de fondateur unique : la tradition orthodoxe se considère comme la continuation directe de l'Église apostolique d'Orient, organisée historiquement autour du patriarcat de Constantinople
260 millions
Fidèles dans le monde
4 %
De la population mondiale
Russie
Où ils sont le plus nombreux
Où ils vivent le plus

Estimation : pourcentage de la religion dans chaque pays multiplié par la population du pays.

De quoi s'agit-il
Vue d'ensemble

Le christianisme orthodoxe est l’une des plus anciennes branches de la foi chrétienne. Issu de l’Église indivise des premiers siècles, il s’est officiellement séparé de l’Église de Rome en 1054, lors de l’épisode connu sous le nom de Grand Schisme. Il se caractérise par un fort attachement à la liturgie, aux icônes saintes, à la tradition des conciles anciens et à l’autorité des patriarches, sans chef central unique comme le pape catholique.

D’après le Pew Research Center (2017), le christianisme orthodoxe compte environ 260 millions de fidèles, soit près de 4 % de la population mondiale. Ce total réunit les Églises orthodoxes d’Orient, comme les Églises russe et grecque, et les Églises dites orthodoxes orientales, comme l’Église copte d’Égypte et l’Église d’Éthiopie, qui se sont séparées plus tôt encore, au Ve siècle. La Russie abrite la plus grande communauté, suivie de l’Éthiopie, l’un des plus anciens pays chrétiens du monde. L’Ukraine, la Roumanie, l’Égypte, la Grèce, la Serbie et la Biélorussie comptent aussi d’importantes populations orthodoxes, ce qui reflète la force historique de cette tradition en Europe de l’Est, dans les Balkans et dans certaines parties de l’Afrique.

L’orthodoxie étant l’une des plus anciennes branches du christianisme, le dialogue avec elle ne consiste pas à présenter Jésus comme une nouveauté, mais à redécouvrir ensemble, orthodoxes et autres traditions chrétiennes, l’unité qui existait avant les divisions historiques. Il existe beaucoup de points communs dans la foi centrale en Christ, malgré des différences de pratique et de liturgie.

C’est une tradition de profonde dévotion et de mémoire historique, avec des siècles de fidélité, même sous la persécution, dans plusieurs de ces pays.

Piliers et pratiques
1
La divine liturgie
La célébration liturgique centrale de la vie orthodoxe, généralement plus longue que la messe catholique et chantée du début à la fin ; dans les traditions grecque et russe, sans instruments. La plus utilisée est la liturgie de saint Jean Chrysostome, riche en encens, en processions et en chants qui cherchent à anticiper sur terre le culte céleste.
2
La vénération des icônes
Des images sacrées peintes selon des règles théologiques strictes, comprises comme des fenêtres ouvertes sur le divin et non comme de simples portraits. Elles diffèrent des statues et des images en relief plus courantes dans la dévotion catholique, et la distinction entre vénérer l'icône et adorer Dieu est essentielle pour ne pas confondre cette pratique avec l'idolâtrie.
3
Un jeûne liturgique rigoureux
Plusieurs périodes de jeûne au cours de l'année, dont le Grand Carême avant Pâques, le jeûne de la Nativité avant Noël et le jeûne des Apôtres, avec des règles alimentaires plus sévères et plus longues que dans le catholicisme occidental.
4
L'année liturgique et ses cycles
Un calendrier de fêtes fixes et mobiles qui organise toute la vie spirituelle du fidèle au long de l'année, avec Pâques comme fête majeure, entourée d'un long cycle de préparation et de célébration.
5
Les sacrements, appelés mystères
Le baptême par triple immersion, la chrismation (conférée juste après le baptême, même aux bébés), l'eucharistie, la confession, l'ordre, le mariage et l'onction des malades sont les plus connus, compris comme des mystères qui participent de la réalité divine et non comme de simples rites symboliques. La liste de sept est courante, mais l'orthodoxie ne fixe pas ce nombre aussi strictement que le catholicisme.
6
Le monachisme, une vocation très prestigieuse
La vie monastique occupe une place centrale et très valorisée dans la spiritualité orthodoxe, avec le mont Athos, en Grèce, comme symbole majeur : une péninsule autonome consacrée exclusivement à la vie monastique depuis plus de mille ans.
Croyances et pratiques
Ce que l'on croit
La théosis
La doctrine selon laquelle l'être humain est appelé à participer à la nature divine, à devenir semblable à Dieu par grâce et non par nature, un processus de transformation qui commence dans cette vie et s'achève dans l'éternité.
L'autorité des sept premiers conciles œcuméniques
Les Églises orthodoxes d'Orient reconnaissent comme définitifs les sept conciles tenus entre le IVe et le VIIIe siècle et n'acceptent pas les ajouts ultérieurs de l'Église catholique, comme le Filioque (l'expression « et du Fils », ajoutée au Credo latin à propos de l'origine du Saint-Esprit), le dogme de l'Immaculée Conception de Marie ou l'infaillibilité pontificale. Les Églises orthodoxes orientales, comme les Églises copte et éthiopienne, n'acceptent que les trois premiers conciles.
Le refus de la primauté du pape
L'évêque de Rome est considéré comme le premier entre égaux, en honneur, mais sans autorité suprême sur toute l'Église : chaque Église autocéphale, c'est-à-dire qui se gouverne elle-même, garde l'autorité finale pour ses affaires internes.
L'accent sur le mystère et la théologie apophatique
L'idée qu'on décrit mieux Dieu par ce qu'il n'est pas, étant donné l'incapacité humaine à le comprendre pleinement, ce qui conduit la théologie orthodoxe à éviter des définitions trop rationnelles de la nature divine.
Une organisation en Églises autocéphales
L'Église est organisée en Églises nationales autocéphales, c'est-à-dire qui se gouvernent elles-mêmes, certaines dirigées par un patriarche, comme les Églises russe, serbe et roumaine, d'autres par un archevêque, comme l'Église grecque. Elles sont unies par la même foi et la même communion, mais sans hiérarchie centralisée unique comme la papauté catholique.
La Tradition, vie continue de l'Esprit dans l'Église
La Tradition n'est pas vue comme un ensemble fermé de règles ajoutées à la Bible, mais comme la vie du Saint-Esprit qui guide l'Église au fil des siècles, exprimée dans la liturgie, les conciles et les écrits des Pères de l'Église.
Dates et pratiques
Pâques orthodoxe
Calculée selon une méthode de calendrier différente de celle des catholiques et des protestants, elle tombe souvent à une autre date que Pâques en Occident ; c'est la plus grande fête de l'année liturgique orthodoxe.
Noël
Célébré le 25 décembre par des Églises comme l'Église grecque et l'Église roumaine, et le 7 janvier par celles qui suivent encore l'ancien calendrier julien pour les fêtes fixes, comme les Églises russe, serbe, géorgienne, copte et éthiopienne.
Le carême orthodoxe
Une période de jeûne plus rigoureuse et plus longue que le carême catholique, avec abstinence de viande et de produits laitiers et, certains jours, aussi d'huile d'olive et de vin, qui prépare les fidèles à Pâques.
Dormition de Marie
Célébrée le 15 août (le 28 août dans les Églises qui suivent le calendrier julien), elle commémore le départ de Marie de cette vie ; elle est précédée de deux semaines de jeûne et fait partie des douze grandes fêtes du calendrier orthodoxe.
Comment ils vivent
La participation à de longues liturgies
Participer aux célébrations liturgiques du dimanche et des nombreuses fêtes du calendrier, généralement debout pendant des heures, lors d'offices plus longs que ceux auxquels on est habitué en Occident.
Des icônes à la maison
Beaucoup de familles ont à la maison un coin de prière avec des icônes, devant lesquelles elles prient chaque jour en allumant des cierges et en faisant le signe de la croix.
Un jeûne fréquent
Dans plusieurs traditions orthodoxes, on s'abstient de viande et de produits laitiers tous les mercredis et vendredis, en plus des grandes périodes de jeûne de l'année.
Foi et identité nationale étroitement liées
Un lien fort entre la foi orthodoxe et l'identité ethnique ou nationale, comme dans l'orthodoxie grecque, russe et serbe, chacune avec son calendrier, ses saints et ses coutumes profondément enracinés dans l'histoire du peuple.
Les monastères, centres spirituels
Les monastères ne sont pas seulement des lieux de retraite pour les moines, mais aussi des lieux de pèlerinage où les laïcs viennent chercher une direction spirituelle, se confesser et prier devant des reliques et des icônes miraculeuses.
Brève histoire
325
Le concile de Nicée définit la divinité du Christ et pose les fondements du Credo, toujours récité dans les liturgies orthodoxes.
451
Le concile de Chalcédoine définit la doctrine des deux natures du Christ et entraîne la séparation des Églises aujourd'hui appelées orthodoxes orientales, comme les Églises copte, arménienne et éthiopienne, qui en rejettent les conclusions.
988
Conversion du prince Vladimir de Kiev au christianisme oriental, début de l'expansion de l'orthodoxie parmi les peuples slaves et origine de la future orthodoxie russe.
1054
Le Grand Schisme : des excommunications réciproques entre Rome et Constantinople scellent la séparation formelle entre l'Église catholique d'Occident et l'Église orthodoxe d'Orient.
1453
La prise de Constantinople par les Ottomans met fin à l'Empire byzantin, mais l'Église orthodoxe survit et se réorganise sous la domination musulmane.
XIXe et XXe siècles
Plusieurs Églises nationales autocéphales voient le jour, comme les Églises grecque, serbe, roumaine et bulgare, à mesure que ces nations conquièrent leur indépendance politique face à la domination ottomane.
XXe siècle
Persécution soviétique contre l'Église russe, avec fermeture de monastères, exécution de membres du clergé et des décennies de restrictions sévères de la pratique religieuse.
Après 1991
Reconstruction de l'Église orthodoxe russe après la chute de l'URSS, avec la réouverture de milliers d'églises et de monastères et le retour de la vie liturgique publique.
Comment dialoguer
Pays où elle est la religion majoritaire 165
États-Unis Nigéria Brésil Russie Éthiopie Mexique Philippines République démocratique du Congo Allemagne Tanzanie Royaume-Uni France Afrique du Sud Italie Kenya Angleterre Colombie Espagne Argentine Ouganda Canada Ukraine Pologne Mozambique Angola Pérou Madagascar Ghana Venezuela Cameroun Australie Zambie Malawi Roumanie Chili Équateur Guatemala Zimbabwe Rwanda Bénin Soudan du Sud Bolivie Burundi Belgique Haïti République dominicaine Cuba Papouasie-Nouvelle-Guinée Suède Grèce Portugal Honduras Hongrie Biélorussie Autriche Suisse Togo Nicaragua Bulgarie Serbie Paraguay El Salvador Congo Danemark Liberia Norvège Finlande Slovaquie Irlande Costa Rica République centrafricaine Panama Croatie Géorgie Uruguay Porto Rico Namibie Arménie Lituanie Jamaïque Botswana Moldavie Gabon Lesotho Slovénie Irlande du Nord Macédoine du Nord Lettonie Trinité-et-Tobago Guinée équatoriale Timor Oriental Chypre Eswatini Fidji La Réunion Îles Salomon Guyana Luxembourg Suriname Monténégro Cap-Vert Malte Bahamas Belize Guadeloupe Islande Martinique Vanuatu Guyane française Polynésie française Barbade Nouvelle-Calédonie Samoa São Tomé et Principe Sainte-Lucie Guam Curaçao Kiribati Micronésie Grenade Aruba Tonga Jersey Saint-Vincent-et-les-Grenadines Seychelles Antigua-et-Barbuda Îles Caïmans Îles Vierges américaines Île de Man Andorre Dominique Guernesey Bermudes Groenland Îles Féroé Saint-Christophe-et-Niévès Îles Mariannes du Nord Turks-et-Caïcos Samoa américaines Îles Marshall Sint Maarten Îles Vierges britanniques Liechtenstein Monaco Saint-Marin Gibraltar Saint-Martin Îles Åland Bonaire Palaos Îles Cook Anguilla Naoero Wallis et Futuna Tuvalu Saint-Barthélemy Saint-Pierre-et-Miquelon Sainte-Hélène Montserrat Îles Malouines Svalbard et Jan Mayen Niue Tokelau Vatican Îles Pitcairn
Peuples non atteints de cette religion 345 au total
+50

Russe

134,2 M personnes

+39

Italien

37,4 M personnes

+38

Grec

10 M personnes

Sujets de prière
Intercession
Pour les chrétiens orthodoxes de Russie et d'Ukraine, pour la réconciliation au milieu de conflits qui divisent aussi des frères dans la foi.
Pour l'Éthiopie, l'un des plus anciens berceaux du christianisme, pour le renouveau spirituel et l'unité entre les Églises.
Pour les orthodoxes d'Égypte, minorité chrétienne historique au sein d'une majorité musulmane, pour leur protection et leur persévérance.
Pour la Roumanie, la Grèce, la Serbie et la Biélorussie, pour une vitalité spirituelle qui aille au-delà de la tradition héritée.
Pour l'unité entre chrétiens orthodoxes, catholiques et protestants, au-delà de siècles de divisions historiques.
Pour les patriarches et les responsables orthodoxes, pour qu'ils aient de la sagesse en ces temps de changements sociaux et politiques.
Priez pour que la foi en Christ, gardée si longtemps dans la tradition orthodoxe, se renouvelle dans la vie personnelle et communautaire.

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